‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 42 sur 308 · Le Mercure françois, t. X, p · texte numérisé non relu

Le Mercure françois, t. X, p

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défendre les Universités de France, on s’efforçait de prouver « par les propres escrits et pièces des |Révérends Pères| qu'ils n'entreprennent pas seulement sur les droicts des Universitez, mais aussi contrarient et préjudicient grandement à l’autorité du roy, à la justice ordinaire de Sa Majesté, à la dignité et au pouvoir de Messieurs les Cardinaux, Archevèques et Évêques, aux règles et professions des autres religieux, à la jeunesse estudiant soubs eux, à ceux qui entrent en leur Société, au bien et repos des villes qui les reçoivent, à la perfection des sciences, à l’antiquité et aux commandemens de l'Église, ete. , et mesme au pouvoir de Sa Sainteté! ». Ainsi, d’après cette énumération, il n’y avait personne, dans le royaume etsur la terre, qui n’eût à se plaindre de la Compagnie, fléau des individus, des familles et de toute institution. Les Défenses des Universitez de France concluaient en demandant non seulement la révocation de toutes les Lettres que les Jésuites avaient.obtenues pour s’attribuer « les nom, titre, qualité, droits et privilèges des Universités », mais encore l'interdiction « à eux et à tous autres Religieux de poursuivre à l’advenir l’establissement d'aucun collège » ; de plus « en ceux qu'ils ont ès villes où il n’y a Universitez, ils ne pourront doresnavant faire plus de trois classes, pour les langues latine et grecque seulement ». Ils auront ainsi, ajoutait-on, plus de loisirs |« de servir l’Église, le Roi et leur patrie, et seront d’autant plus obligez de prier Dieu, comme ils font profession? ».

Les Jésuites de Tournon, forts de leurs privilèges antérieurs aux lettres patentes de décembre 1622, ne se pressèrent pas de paraitre devant le Parlement de Toulouse. Le P: Général, il est vrai,

n'avait pas renoncé à réclamer pour la Compagnie l'exercice de

tous ses droits; mais, afin de ne pas exposer l’ensemble des collèges à quelque avanie, il désirait qu’on fût assuré d’abord de l’approbation du Conseil privéÿ. Confiant en la bienveillance de celui-ci, le comte de Tournon lui présenta une requête où il demandait que le procès pendant devant le Parlement de Toulouse fût renvoyé devant une autre Cour, pour cause de suspicion légitime : en effet, il y avait des « parentés, alliances et amitiés » entre Messieurs du Parlement de Toulouse et Les professeurs de l’Université de la même ville. Le Conseil reconnut le bien fondé

1. Défenses des Universités (Le Mercure Jésuile, t. T, p. 252). Cf. D'Argentré (Collectio Judiciorum, t. II, P. II, p. 266).

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