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cédé par les lettres patentes de François [°*, confirmé de règne en règne et nommément par ‘Louis XIII avec, pour eux et leurs écoliers, tous les privilèges enregistrés ‘ès cour de Parlement à Paris !. È Peut-être cet acte n'éveilla-t-il pas tout de suite les susCeptibilités de Poitiers et de Bordeaux, mais les progrès rapides du nouveau collège firent bientôt craindre à ces deux villes une concurrence plus dangereuse encore si les Jésuites s’avisaient d’user de leur droit PHaiiersité, Les docteurs de Poitiers, dans leur décret d'union avec les universitaires de France contre les Jésuites de Tournon, attirèrent l’attention de leurs collègues parisiens sur la situation exceptionnelle du collège Saint-Louis à Angoulème ?. Le recteur Jean Aubert s’empressa d’intéresser à à cette cause le Parlement de Paris, auquel Angoulême ressortissait, et demanda qu’on enlevât aux Jésuites de cette ville le
droit d’Université concédé par les lettres patentes de 1516. Mais, - à la nouvelle de cette démarche, la municipalité angoumoise
protesta énergiquement, le 11 mars 1625 ÿ. L'évèque et le chapitre se joignirent en cette circonstance aux maire et échevins, et tous ensemble revendiquèrent pour la ville la jouissance de son droit d'Université. Ils obtinrent au mois de juin un arrêt du Grand Conseil qui, reconnaissant la justesse de leurs réclamations, les maintenait en possession de leurs privilèges. « Quant à l’Université, y est-il dit, il a esté ordonné qu'ellesera establie et instituée en ladite ville [d'Angoulême] toutesfois et quantes, par l'advis commun desdits évêque, chapitre, maire et corps de ville, à l’exemple des autres Universitez du royaume, suivant les lettres de concession octroyées par le roy François [°, en laquelle seront agrégez les relligieux de ladite ville et mesme les Jésuites, tout ainsy qu’ils sont aux Universitez de Poictiers et de Bourdeaux‘. »
Cet arrêt ne découragea point les opposants. Le 18 août, Jean
. Tarin, successeur de Jean Aubert, présenta au Grand Conseil une
requête par laquelle «les Recteur, Doyens, Procureurs et supposts de l’Université de Paris » demandaient l'annulation du contrat passé entre la municipalité d'Angoulême et les Pères de la Com-
1. Contrat entre la ville et les Jésuites, 11 juin 1622 (Annales des soi-disans.…., t. II, p. 693, note). :
2. Décret d'union de l'Université de Poitiers avec les Universités du royaume (Ue Mercure Jésuile, t. I, p. 741 ).
3. Délibération du corps de ville, 11 mars 1625 (Archives comm, d' Angoulême, BB,
6, f.158). —. Cf. Boissonnade, op. cit, p. 64, 65.
4. Arrêt du Grand Conseil, juin 1625 (Archives de la Charente, D, 7, n.6.)
pagnie de Jésus. Ils avaient été avertis, disaient-ils, que les Jésuites « voulans s’introduiré » en cette Ville « pour y tenir collège et y instruire la jeunesse, avoient trouvé moyen de faire annexer à leur prétendu collège la prébende préceptoriale, et non, contents de ce, auroïent faict un contract par lequel supposant que ladicte si a droict d’avoir Université, et ce en vertu de lettres qui n’ont jamais sorti effect, ils se seroient faict céder ledict prétendu droict, et à présent sous prétexte de faire homologuer l'union de ladicte prébende, veulent faire indirectement autoriser par le Conseil la qualité d'Université qu’ils donnent injustement, sans tilire valable, à leur dict collège, qui est une
“usurpation préjudiciable à toutes les Universités de France et
particulièrement à celle de Paris! ».
Les Jésuites d'Angoulême, instruits par les mécomptes qu’éprou-
vait alors le collège de Tournon, se montrèrent peu soucieux de
s'engager en la poursuite d’un procès dont l'issue serait d'autant plus douteuse qu'ils y interviendraient à un titre quelconque. D'ailleurs, leur serait-il jamais possible d'organiser une Université dans une ville où, comme le passé l’avait prouvé, tous les éléments de succès faisaient défaut? Ils résolurent de séparer leur cause de celle du maire et des échevins, de l’évêque et du chapitre, etde conserver peut-être ainsi à la ville le droit d'Université dans lequel elle avait été maintenue par l’arrèt du mois de juin. Dans une requête présentée au Grand Conseil Le 11 septembre 1625, ils se contentèrent de protester contre les fausses allégations du Recteur de l’Université de Paris. Celui-ci, disaient-ils, « sous un prétexte imaginaire », avait supposé qu'ils voulaient s’attribuer la direction de l’Université accordée à la ville par le roi François I”, alors qu'ils ne prétendaient « qu’à la simple administration du collège établi par le Roi ( Louis XIIT), consenti par l’évesque, postulé et entretenu par ladite ville ». Enconséquence, le syndic de la Compagnie suppliait le Grand Conseil de lui donner acte de la déclaration suivante : « Que les Jésuites n’ont jamais entendu former ni gouverner ladite Université d’Angoulesme, ni contrevenir à l’authorité dudit sieur Recteur ?. »
Cependant l’évêque avecle chapitre, lemaireavec les échevins, conseillers et pairs de la ville, continuèrent à solliciter
. Requête de l’Université de Paris au Grand Conseil, 12 août 1625 (Le Mercure Jésuite,t. 1, p. 196).
2. Requête ‘des Jésuites au Grand Conseil, 4 sept. 1625 (Le Mercure Jésuite,l. I,
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l'exécution du contrat et le maintien de leurs privilèges antérieurs. Après la plaidoirie des avocats, le Recteur Tarin demanda à être entendu; puis les juges, n’ayant aucun égard à la requête du syndic du’ collège, déclarèrent le 19 septembre 1625, « nul et résolu » sur le point ’en litige le contrat de 1622, « sans qu'à l’advenir les maire et eschevins [pussent| prétendre droict d'Université en ladite ville d'Angoulesme! ». Cet arrêt peu libéral, arraché en quelque sorte äu Grand Conseil par les intrigues de Tarin et consorts, froissa d’une manière très sensible l’amourpropre des Angoumois. Ce n’est pas sans raison que les historiens de la ville se firent l'écho des doléances de leurs compatriotes. Tous ceux qui ont parlé de cet arrêt « ont été unanimes pour le blâmer et pour regretter qu'on ait si à la légère lésé les intérêts de la population ». Il eut du moins un avantage : débarrasser les
Jésuites de leurs ennemis qui «ayant obtenu gain de cause ne se
préoecupèrent plus du collège? ».
Les Pères de la Compagnie, nous le savons par la déclaration du syndic d'Angoulême devant le Grand Conseil, ne tenaient pas au titre plus brillant qu'utile d'Université ; ce qu'ils désiraient avant tout e’était la confirmation de l'établissement du collège. Ils l’obtinrent de Louis XIII, en 1627, par l'entremise du maréchal de Schomberg, gouverneur de la province.
1.Arrêt, du Grand Conseil, 19 septembre 1625 (Le Mercure françois, t. XI, ann. 1625, p. 1009).
2. Cf. De Massougnes, Les Jésuiles d'Angoulême, p. 69. — Boissonnade, op. cit.,
, 97. | ‘ 3. Lettres patentes de Louis XIII, juin 1627 (Archives de la Charente, D, 1, n. 6).
Pendant ces démélés avec l'Université, les congrégations provinciales avaient eu lieu. Parmi les Pos{ulata ou vœux qu'il fut résolu de présenter au P. Général, l'un concernait la permission de donner les Exercices spirituels aux communautés de femmes. Vitelleschi se l'était réservée. Or, à cause du grand nombre de demandes on aurait désiré n'avoir recours qu'aux PP. Provinciaux. Le P. Général refusa: «Cette mésure, répondit-il, établie pour de justes motifs, est d'un usage commun dans la Compagnie. » On continua donc à demander la permission à Rome lofies quoties {Acta Cong. Prov., 1625).