CHAPITRE IE
Sommaire. — !. Vocation du jeune Favier. — 2. Les biens des collèges, — 3. Affaire des lettres du P.Arnoux. —4. Affaire Ambroise Guyot.—5. Le P. André Voisin et Théophile de Viau. — 6. Disgrâce du P. de Séguiran. — 7. Accueil fait par la cour au P.Jean Suffren son successeur.
Sources manuscrites : I. Recueils de Documents conservés dans Ja Compagnie : a) Epis-
tolae Generalium ad externos ; —b) Francia, Epistolae Generalium ; —C) Francia, Epistolae ad Generalem; —d) Lugdunensis, Epistolae Generalium ; —e) Lugdunensis, Epistolae ad
Generalem ; —f) Franciae historia : —$) Francia, Fundationes collegiorum. IH. Roma, Archivio Vaticano, Nunziatura di Francia, n.60, 65, 398, 399, 401; — Bibl. Pia, n. 12.
III. Paris, Bibliothèque nationale, f. fr. 3669, 3677, 3678. IV. Aix, Bibliothèque municipale, manuscrits, correspondance de Peirese. V. Carpentras, Bibliothèque municipale, manuscrits, collection Peiresc.
Sources imprimées : Avenel, Lettres de Richelieu. — Mémoires de Richelieu. — Mémoires de Mathieu Molé. — Procès-verbaux des assemblées générales du Clergé. — Annales des Soi-disans Jésuiles. — Garasse, Récit au vray... (Carayon, Documents inédits, doc. IT). — D’Orléans, Le vie du P. Pierre Coton. — Gordara, Historia Societatis Jesu, P.VI.— Asse-
- line, Les Antiquités et chroniques de la ville de Dieppe. — Mémoires chronologiques pour servir à l'Histoire de Dieppe. — Floquet, Histoire du Parlement de Normandie. — Jourdain, Histoire de l'Université de Paris. — Prat, Recherches sur la Compagnie de Jésus, t. IV.
1. A l'exemple des universitaires, les autres ennemis de la . Compagnie ne perdaïent aucune occasion de la combattre et de
la vilipender. Sans aller Jusqu'à menacer son existence, ces attaques et ces calomnies particulières tendaient Cependant à l’affai
k Mur blir, en tournant contre elle l'opinion ; à un moment donné, un assaut général aura d'autant plus de chances de réussite, que les
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esprits auront été plus prévenus, les Passions plus surexcitées Entre 162% et 1626 survinrent plusieurs affaires désagréables qui allaient singulièrement assombrir les dernières années de la belle carrière du célèbre P. Coton.
Placé à la tête de la province de France, après -avoir abandonné au P. Nicolas Vilhiès le souvernéement de celle d’Aqui-
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faine, l’ancien confesseur de Henri IV et de Louis XIII arrivait à
Paris le 2% janvier 1625. À la cour comme partout ailleurs, il
‘rencontra laccueil le plus bienveillant. « Le cardinal de Riche-
lieu qui estoit enfermé dans son éabinet avec les ambassadeurs d'Angleterre, quand il lui alla rendre sa première visite, n'eut pas plus tost esté averti qu'il estoit dans son antichambre, qu’il quitta les ambassadeurs, disant qu'ils luy permettroient bien d'aller embrasser son bon ami, et il l’'embrassa effectivementavec de grandes démonstrations d'amitié, Toute la cour le vint voir en foulle. Le Royet les Reynes l’allèrent entendre le jour de la Purification à Saint-Gervais, où il devoit prescher le caresme , et, à certaines gens près dont le jugement suit toujours la mauvaise volonté, il fut applaudi universellement et écouté avec avidité d’une multitude innombrable de peuple qui l’avoit toujours regardé comme un saint’. » |
Un début aussi heureux semblait présager des jours tranquilles à ce jésuite que le peuple de Paris avait surnommé l’ange de la paix 2. Mais la Providence en avait disposé tout autrement. Le P. Coton, dont la douceur était proverbiale, savait montrer la plus grande énergie quand il s'agissai de défendre les intérêts des âmes. S'il lui fallait par exemple protéger une vocation sincère contre les abus de l'autorité paternelle, on le voyait allier une invincible fermeté aux ménagements d’une légitime condescendance. On en trouvera la preuve dans le fait suivant que le P. Garasse nous 4 conservé. :
Un maître des requêtes nommé Favier, avait un fils qui donnait les plus belles espérances. Le jeune homme, ayant entendu l'appel de Dieu, sollicita de son père l'autorisation d'entrer dans la Compagnie de Jésus; rebuté plusieurs fois, il résolut de suivre le conseil évangélique plutôt que d’être infidèle à Dieu : il quitta secrètement la maison familiale et se réfugia en Lorraine, au noviciat de Nancy. Mais il n’y fut pas longtemps en repos. Le père désolé, presque au désespoir, présenta requête au Parlement contre les Jésuites : ils avaient ensorcelé son fils pour mieux l’accaparer et le corrompre de leurs pernicieuses doctrines ; et afin del’engager plus avant dans les secrets de l'Ordre, « on lui avoit fait changer de nom par la substitution d’une lettre, l'appelant François Xavier au lieu de François Favier ». La Compagnie