‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 47 sur 308 · Garasse, Récit au vray.…., p · texte numérisé non relu

Garasse, Récit au vray.…., p

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(est-il besoin de le dire? ) ne s'était point rabaissée à des moyens aussi ridicules ; le novice était allé en pleine liberté ; il n'avait été ni séquestré, ni séduit. Pour en convaincre les siens et le Parlement, le P. Provincial de France, d'acord avec celui de Champagne, le fit revenir à Paris. Aussitôt arrivé, on le conduisit chez le Procureur général, en présence duquel il fut remis à M. Favier. Et dans cette circonstance tout le monde admira «la modestie du P. Coton qui souffrit sans s'émouvoir, devant plus de cent personnes d'honneur, tous les outrages que la rage pouvoit suggérer à un père irrité». L'enfant, de son côté, «après des difficultés merveilleuses, fondant en larmes et en sanglots, se jeta aux genous de M. le Procureur général, et à haute voix fit vœu de vivre et de mourir jésuite ; ce qui cuida faire sortir le père des bornes de la raison. » Malgré les plus vives instances, il refusa de rentrer chez ses parents et fut laissé à la disposition du P. Provincial, Celui-ci pensa que, sans mettre en danger une vocation si solide et si sincère, il pouvait condescendre quelque peu aux exigences paternelles. Il pria donc Louis XIII de confier le novice à son père pour trois semaines; après ce laps de temps, on le laisserait libre de suivre ses désirs, s’il y avait persévéré. «Le Roy fit l'honneur à M. Favier de l'envoyer quérir, et lui commanda de traiter son fils avec toute sorte de douceur, luy donnant une entière et pleine liberté pour mettre en effet sa vocation. Le père néantmoins le tenoit fort étroitement serré dans son logis; luy faisant des indignités incroyables, jusques à luy faire déchirer sur le dos en mille lambeaux la soutane et les habits qu'il portoit. En quoy cet enfant montra des effets d’une merveilleuse générosité, demeurant jour et nuit, l’espace de quinze jours ou ‘trois semaines, déchiré et demi-nu au cœur de l’hyver, résolu de mourir plustost que de revestir un habit séculier. »

Le délai fixé par le roi ayant expiré, le maitre des requêtes n'en continuait pas moins à tenir son fils enfermé. Mais François, résolu plus que jamais de rester fidèle à Dieu, parvint à s’enfuir et revint à Nancy d’où il fut envoyé en Allemagne. M. Favier se plaignit de nouveau à Louis XIII ct fatigua le Parlement de ses clameurs. Mais on ne l’écouta plus : ses indignes procédés envers l'enfant lui avaient aliéné toute sympathie !. Le malheureux magistrat « ne le pardonna pas aux Jésuites et, quoyque dans la suite du temps il leur rendit son amitié, ce ne fut qu'après

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