‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 49 sur 308 · Jourdain, Histoire de l'Université de Paris, p · texte numérisé non relu

Jourdain, Histoire de l'Université de Paris, p

. « Nous voulons, faisait-on dire au roi dans ce Règlement, qu'il n’y ait plus de collèges si ce n’est ès villes cy après nommées : Paris, Rouen, Amiens, Troyes, Dijon, Lyon, Tolose, Bordeaux, Poitiers, Rennes, la Flesche, Pau, qui sont en {elle assiette en nostre royaume que tous ceux qu'on cognoistra particulièrement éstre nez aux lettres y pourront estre commodément envoiez... Nous voulons qu’en chacune d'icelles il y ait deux collèges, l'un de séculiers et l'autre de PP. Jésuites, et à cause du grand nombre de jeunesse qui se trouve dans Paris nous voulons qu'il y en ait quatre, trois de séculiers et un de Jésuites. » (Avenel; Lettres du card. de Richelieu, t. II, p. 181.)

riche que nous regorgions de bénéfices; à raison de quoy je fus contraint de porter un dénombrement de tous nos biens à M. de Bellièvre, lors chancelier, à M. de Sully, surintendant général des finances, et à messieurs les Secrétaires d'Estat, faisant voir — ce que j'offre encore de faire pour le présent — que nous n'avons pas deux cents francs par homme, y comprenant vivre, vestir, librairies, sacristies, bastimens, procès, viatiques et toute autre despense, tant commune que particulière; et, touchant les bénéfices, que nous nommerions plusieurs ecclésiastiques en France dont le moindre a, lui seul, plus de bénéfices que nous tous ensemble. Et cela fut vérifié pour clore la bouche à la médisance. et sommes prêts d’en faire encore la preuve si Vostre Majesté le désire. Si nostre Compagnie, Sire, ne faisoit ia guerre à Sathan et à ses supposts, nous ne serions en ces peines, et les ennemis de la vérité nous laisseroient en repos, ains diroient bien de nous et nous loueroient à Vostre Majesté. Maintenant, comme ils sont et comme nous sommes, ils ne se désisteront jamais. Aussi sera-ce un effect de sa grande bonté et de la sapience qui accompagne Louis-le-Juste, de nous prendre, s’il luy plaist, en sa protection, comme l’ont toujours faict le feu Roy, son Père, et la Reyne, sa chère et très honorée mère, et Vostre Majesté mesme, Sire, l'a fait jusqu'à présent. Sous tels auspices et ceux de la grâce de Dieu, nous continuerons, partout où 1l luy plaira de nous establir, d’estre ce que nous luy sommes, totalement acquis et redevables, et d’en produire les effects et les preuves, à l’endroict tant de ses propres subjects que de’tous étrangers. »

A la marge de la minute de cette lettre, le P. Coton avait ajouté la note suivante : « C’est pour respondre en général aux estranges impressions que le grand favori [Richelieu sans doute] a mis despuis peu en l'esprit du Roy, unde apparet quo et quanto versamur in periculo, chose maintenant qui doit estre secrète. Plaise à Dieu qu'estant à Paris j'y puisse apporter quelque remède ‘.»

3. Maintenir l'existence des collèges et veiller à leur entretien, ne fut pas le seul souci du P. Coton pendant son dernier Provincialat; il eut aussi à défendre l'honneur de quelques-uns de ses

1. Lettre du P. Coton à Louis XIII 13 juillet 1625 (Prat, Recherches, t. IN, p. 540).

b8.: SOUS RICHELIEU, — PREMIÈRE RARTIE.

‘ confrères — les PP. Jean Arnoux, Ambroise Guyot, André Voisin, Gaspard de Séguiran, François Garasse — injustement poursuivis par des ennemis acharnés.

Le-P. Arnoux était alors l’un des prédicateurs les plus en renom; il était recherché par un si grand nombre de prélats que le P. Général dut se réserver la disposition de sa personne !. ]l venait de donner avec grand succès le carême de 1624 dans la cathédrale d'Orléans, lorsqu'il fut appelé pour prècher à Paris; c'était «avec congé exprès du roi », car, malgré son éloignement de la cour,

le-religieux n’avait point perdu les bonnes grâces de Louis XIHIE?. Son arrivée dans la capitale, la veille de la Pentecôte, porta ombrage à plusieurs courtisans. « N'ayant rien sceu de ce voyage, quelques-uns de ceux, qui gouvernoient alors, et qui estoient des plus puissants ennemis de nostre Compagnie, firent tous leurs efforts pour le renvoyer incontinent après les fêtes. Et si ce n’eust esté les prières de Madame la comtesse de Saint-Pol, on croit qu'ils en fussent venus à bout ÿ. » On parvint toutefois à lui fermer l'entrée {de la cour et à empêcher le roi d’aller l'entendre à Saint-Gervais, où il prêéchaït l'octave du Saint- Sacrement « avec un grand concours de tous les ordres, non sans estre espié dans toutes ses paroles # », Le zèle du Père n’en fut pas refroidi ; il ne cessa durant trois mois, d'exercer son fructueux ministère dans diverses églises et plusieurs communautés religieuses. Vers septembre, il partit pour Rome où l'invitait depuis longtemps le P. Vitelleschi °. Soit faveur du P. Général, soit pèlerinage de dévotion au tombeau des. saints Apôtres, ce voyage d’un religieux n'avait pas en lui-même de

quoi préoccuper l'opinion. Maïs l’ancien confesseur du roi avait’

des ennemis personnels qui ne manquèrent pas de donner à l'évé-

nement des motifs odieux. « IL ne fut pas si tost parti, qu'on.

vit des libelles contre luy, comme ayant esté appelé par le Pape ou par nostre T. R. P. [Général] pour sçavoir de luy tous les secrets d’Estat, jusques aux confessions du Roy. D'autres disoient qu’estant mal content de nostre Compagnie, il alloit à Rome pour demander dispense à ses vœux, et la calomnie alla si

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