‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 50 sur 308 · Lettre de Spada, 7 juillet, déjà citée · texte numérisé non relu

Lettre de Spada, 7 juillet, déjà citée

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avant que plusieurs évesques vinrent à la maison professe pour en estre instruicts!. »

Pendant que ces bruits, inventés pour perdre la réputation du prédicateur, couraïent le royaume, le P. Arnoux vivait à Rome dans la solitude et la pratique de ses devoirs religieux.

« Il fait peu de visites, écrivait à Peiresc son correspondant romain; on le voit rarement à l'ambassade, et il refuse presque es les invitations du dehors?. » Il n’acceptait que de prêcher la parole de Dieu. Comme c'était l’année du jubilé, il parla plusieurs fois à Saint-Louis des Français et à Saint- Jean de Latran, et le public y accourait en foule, à la suite des cardinaux et des ambassadeurs5. Au milieu de ces travaux apostoliques, le jésuite était loin de soupconner le nouveau complot tramé en France contre lui et dont il faillit être la victime.

Un jour, un des Pères de la maison professe de Paris recut du Procureur général l'annonce d’une étrange nouvelle : on avait dérobé la valise du P. Arnoux pendant son voyage et on y avait découvert les pièces les plus compromettantest. C'était un racontage, reposant toutefois sur un tongement bientôt connu.

Le P. Arnoux avait donné sa confiance à un jeune homme nommé Oudin ; il lui écrivait souvent et lui recommandait certaines affaires concernant le service de Dieu et les intérêts de la Compagnie. « Mais, comme c'estoit chose importante et qui méritoit le secret, ils avoient convenu certains termes ordinaires dont ledit Oudin avoit la liste. » Or ce malheureux, soit qu'il fût un hypocrite, soit qu'il eût succombé aux tentations, se mit à mener une vie dissolue où il perdit sa fortune; tombé ensuite gravement malade et n'ayant pas d’argent pour payer ses dettes, il résolut de battre monnaie avec les lettres du P. Arnoux. Il les fit offrir pour deux mille livres d'abord à la comtesse de Saint-Pol, puis au P. Mornac, procureur du collège de Clermont. Ne recevant de ces deux

- 1. Garasse, op. cil., p. 5.

: 2, Garasse, Récit au vray.…., p. 9.

3. Nous n'avons pas la lettre écrite de Rome à Peiresc, mais nous connai ssons ce rapport par une lettre de lui-même à son frère, 23 février 1625 (Bibl. mun. d'Aix, correspondance de Peirese, t. LE, fol. 122).

4. Lettre du P. de Cressolles au P, René Ayrault, 27 janvier 1625 (Prat, op. cit., p. 440). .

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