‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 54 sur 308 · Garasse, 0p. ‘cût., p · texte numérisé non relu

Garasse, 0p. ‘cût., p

3. En 1626 il fut sérieusement question de supprimer la résidence de Dieppe. On la conserva cependant quand on connut les raisons d'utilité et même de nécessité que tit valoir le P. Honoré Nicquet, recteur du collège de Rouen. Louis XIII «en confirma l'établissement par lettres patentes du 13 juin 1627, avec défense aux Jésuites « de tenir école ny faire aucune lecture ny lecon publique ». Mais cette restriction ne fut pas maintenue dans toute sa rigueur, car dans une lettre du 11 mars 1637, le gouverneur, les maire et échevins « attestent que les Pères de la Compagnie établis à Dieppe avoient commencé à y enseigner les controverses, les cas de conscience et toutes les parties des mathématiques avec grand soin et assiduité, au contentement et satisfaction de toute la ville. » (De fondatione residentiae, Franciæ historia, II, n. 40.)

échappé d’abord par la fuite, avait été de nouveau arrêté". IL était depuis plusieurs mois détenu à la Conciergerie lorsqu’enfin on instruisit son procès. Ce fut très long : un an et six mois, pendant lesquels ses amis le représentèrent aux juges et au public comme une malheureuse victime des Jésuites. Lui-même dans: une Apologie au roi se plaignit amèrement des prédicateurs, courageux censeurs de sa conduite, et particulièrement du P. André Voisin de la Compagnie de Jésus. « J’ay veu, disait-il, mes accusateurs faire en leurs sermons de longues digressions et quitter l’évangile pour prescher au peuple que j'estois athée, impie et abominable... Un homme qui fait profession de religieux, le P. Voisin, jésuite, s’est jeté dans la vengeance d’un tort qu'il n’a pas receu et s’est forgé des sujets d’oftense pour avoir prétexte de me haïr. Cet homme a fait glisser dans les âmes faibles une fausse opinion de mes mœurs et de ma conscience, et prostituant l'authorité de sa robbe à l’extravagance de sa passion, il à fait éclat de toutes ses infâmes accusations contre moy... Il a pénétré tous les lieux de ses cognoissances et des miennes pour y répandre la mauvaise odeur qui avoit rendu ma réputation si odieuse *. » A vrai dire, le P. André Voisin, prédicateur d'un grand zèle et animé des meilleures intentions, manquait parfois de mesure. Un jour, n’avait-il pas eu le mauvais goût de blâmer du haut de la chaire la fastueuse collation donnée par Richelieu aux ambassadeurs à l’occasion du mariage anglais, et qui n’avait pas coûté moins de quarante mille livres? Le puissant ministre né lui pardonna jamais®. Assurément un homme apostolique pouvait et devait condamner au nom de la morale Théophile de Viau, ses œuvres et sa coterie: mais le P. Voisin fit plus; en dehors des fonctions sacerdotales il mena campagne pour attirer sur le prince des libertins les foudres de la justice. Sa conduite inconsidérée fut désapprouvée du P. Général, qui retarda les vœux

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