Voir tome LT, Liv. LIT, chap. v, n. 5, p
9. Œuvres complètes de Théophile de Viau, publiées par Ch. Alleaume, t. II. p. 237, 242). — Cf. Lachèvre, Le procès du poète Théophile de Viau.
3. « Cette collation, à ce que nous sceumes des ingénieux et autres officiers qui avaient charge de la dresser, coûta pour le moins quarante mille livres, en quatre articles : en confitures, en parfums, en fontaines d’eau de senteur et en feu d'artifice. Jamais Paris n’avoit veu telle magnificence … Il y eut quelques prédicateurs qui s'échauffèrent par un trop grand zèle et décrièrent puissamment cet abus et cette superfluité.… Bien leur valut de n'estre pas jésuites; car un de nos Pères s’estant avancé de dire seulement, à Saint-André-des-Arcs, que quarante ou cinquante mille francs eussent esté mieux employez à fonder un hôpital qu'à faire une collation de trois heures, en eut son congé peu de jours après et fut chassé de France » (Garasse, Récit au vray.…., p.51).
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solennels d’un religieux si peu pénétré de l'esprit de saint Ignace. Elle fournit aux partisans de Théophile un excellent moyen de défendre le poète, en accusant les Jésuites d’animosité particulière contre lui. |
Au commencement du mois d’août 1625, le procès touchant à sa fin, « nos ennemis, raconte le P. Garasse, firent tous leurs efforts pour y engager les Pères de nostre Compagnie, nommément le P. André et moi. Tous les jours on faisait entendre au Roy que nous sollicitions contre le criminel, et ceux qui taschoïent de lui sauver la vie, scavoir M. de Liancourt et M. de La Roche-Guyon, prioient publiquement les juges de n'avoir égard aux calomnies du P. Voysin qui en faisoit sa propre cause. Car, pour moi, on connut bientost que je ne m'en meslois en facon du monde, et bien m'en prit, car j'estois espié de toutes parts. Le malheur voulut que le P. Voysin, qui se confioit entièrement à quelqu'un des juges, fut par lui trahi publiquement. Car il porta en pleine chambre les écrits et les mémoires dudit Père, par lesquels il remontroit à Messieurs qu’il y alloit de la cause de Dieu et que la mort de ce malheureux seroit un sacrifice très agréable [au Sergneut}?#0
Ce zèle intempérant produisit sur les juges un effet déplorable, et l’on entendit deux présidents s’écrier « que le P. Voysin méritoit mieux la mort que Théophile »; un autre fit observer que l’opi- ” nion des Jésuites ne devait pas prévaloir au Parlement *. Ainsi la situation de l'accusé s'améliorait: celle de l’accusateur devenait critique : les amis du poète résolurent de faire condamner le jésuite. MM. de Liancourt et de La Roche-Guyon se montrèrent les plus acharnés à sa perte. « Ces jeunes seigneurs vouloient mal de mort au P. Voysin et avoient dit publiquement qu'ils lui passeroient l'épée au travers du corps en quelque lieu qu'ils le trouveroient. » En attendant, ils cherchèrent à lui ravir la réputation et l'honneur. À l'instigation de Théophile, ils l’accusèrent d’un crime infâme qui, ditle P. Garasse, « ne vint jamais en pensée à personne qu'à ce diable incarné ». Comme ils avaient accès auprès du roi, ils lui racontèrent les bruits qu'eux-mêmes répandaient à la cour. Si, absurde que fût la calomnie, elle ne laissa pas d’effaroucher Louis XIII, « ennemi de toutes sortes d'or-
1. Lettres du P. Général au P. Armand, 15 juillet 1624; au P. Voisin, 2 décembre 1624 (Francia, Epist. Gen., t. IV).