‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 56 sur 308 · Garasse, Récit au vray.…., p · texte numérisé non relu

Garasse, Récit au vray.…., p

dures »; et il s’écria indigné : « Le P. Voysin est le plus méchant homme de mon royaume. » ;

À peu de temps de là, le P. Coton reçut du chancelier le billet suivant : « Mon Père, je vous escris par le commandement du Roy à ce que vous ayez, la présente vue, sans délay et sans réplique, à renvoyer le P. Voysin hors de France !. » Pourquoi cet arrêt d’exil? Etait-ce pour punir, sans enquête et sans jugement, une faute imaginaire? Non pas. Au dire de M. de Béthune, il avait été dicté par Richelieu, surtout à cause de « certains propos indiscrets » que le P. Voisin s'était permis contre les profusions du favori. Celui-ci profitait du mécontentement général que le jésuite avait provoqué, pour le faire chasser de sa patrie.

Chargé d’exéeuter un ordre aussi sévère, le P. Provincial chercha le moyen d’en dérober la connaissance à son subordonné. Répondant à un désir précédemment exprimé d'aller à Rome conférer avec le P. Général, il lui proposa de s’y rendre tout de suite, afin de prendre part aux fêtes du jubilé. Mais André Voisin, qui devait prêcher la station de l’Avent dans l’église Saint-Paul,

déclina l’offre de son supérieur, ne voulant pas, disaitl, sacrifier

une œuvre apostolique à une satisfaction personnelle. On insista ; « on combattit son esprit jusques au troisième jour de septembre, auquel le P. Ignace [Armand], député procureur pour la congrégation [générale}, dit publiquement qu'il ne partiroiït point qu’il n’eust veu le P. Voysin à cheval. Cette parole qui lui fut rapportée par quelqu'un, lui donna un estrange martel en teste et lui fit connoistre que nos prières n’estoient que des déguisements de la volonté du Roy, de façon qu’on fut contraint de lui découvrir le secret de l'affaire ».

A cette nouvelle, le Père auraït voulu tenter une suprême

démarche auprès de Louis XIII, se jeter à ses pieds pour prouver

son innocence et demander justice contre ses calomniateurs. Néanmoins, sur les instances du P. Coton, il résolut d’obéir au commandement du roi et, le k septembre, il partit pour Rome. Les principaux amis de Théophile, Vallaux, Des Barreaux, Saint- Rémy, qui l’avaient si indignement ealomnié, l’attendirent sur la route, aux environs de Lyon, dans une maison près de laquelle il devait nécessairement passer. Lorsqu'ils l’aperçurent, ils se portèrent à sa rencontre, « lui firent mille caresses d’abord et des protestations estranges d’une amitié sincère, et sur leur

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