‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 61 sur 308 · Garasse, p · texte numérisé non relu

Garasse, p

pardon; car il m'a toujours servi très fidellement. » Puis il chargea les deux prélats de lui rapporter ces paroles comme témoignage de son entière satisfaction !.

Le P. de Séguiran avait aussi écrit au P. Vitelleschi, et lui avait dit toute sa joie d’être déchargé d’un emploi si délicat et si redoutable. Le P. Général voyant qu'il considérait son apparente disgrâce comme un nouveau bienfait de la bonté divine, le félicita de ses religieuses dispositions. « Mais, ajoutait-il, je veux surtout remercier Votre Révérence de la manière dont elle s’est acquittée de son emploi, ne s'épargnant aucune peine pour la consolation du roi Très Chrétien, le bien général du royaume et aussi de la Compagnie. Je lui suis vivement reconnaissant du soin avec lequel elle a traité les affâires confiées à sa prudence et à sa charité. De nombreux collèges et moi en particulier lui devons les plus grandes obligations; aussi est-ce en mon nom et au nom de toute la Compagnie que je veux la remercier encore une fois de sa sollicitude et de ses labeurs. Puisse le divin distributeur des grâces la combler de ses dons et de ses consolations?. »

7. Le 23 décembre le P. Suffren se rendit au Louvre pour se présenter au roi et savoir ses volontés; 1l en fut très favorablement accueilli. Louis XIIL lui dit que, « se fiant à sa prud’hommie », il avait depuis longtemps formé le dessein de le prendre pour confesseur, et qu'ayant su de la Reine mère « Le contentement qu’elle avoit de ses entretiens », il avait résolu de lui remettre sa conscience entre les maïns. Car, répéta-t-il à trois reprises, « je veux me sauver, à quelque prix que ce soit ». Puis il ajouta : « Au reste, je ne veux point vous obliger d'assister tous les jours à ma messe; il suffira que vous veniez me voir une fois la semaine et, quand j'aurai besoin de vous extraordinairement, je vous envoyerai un carrosse. Asseurez tous vos Pères que je n'ai nul mécontentement du P. Séguiran ni d'aucun de la Compagnie, et qu’en toutes les accusations qu’on me fera de vos Pères je m'esclairciray avec vous. » Puis il le congédia « avec de très bonnes paroles, luy redisant souvent : Ayez soin de mon âme, car je me veux sauver à ».

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