Niceron, Mémoires, t. XXXI, p
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ei | ATTAQUES CONTRE LE P. GARASSE, ; 89
sujet de sollicitude pour moi », écrivait-il le 12 janvier 1624 au Recteur du collège de Clermont!. Sur cette remarque, ou de leur propre initiative, les supérieurs supprimèrent la plus grande partie des exemplaires, tandis qu’une seconde édition se préparait à Paris. C’est la seule que nous connaissions et par suite nous ignorons en quoi elle différait de la première?. Sans doute les passages Les plus vifs contre le prieur Ogier avaient disparu. ,
Pour éviter dans l'avenir de pareils écarts, le P. Général ordonna au P. Garasse {et cette fois en vertu de la sainte obéissance) de ne plus faire imprimer aucun ouvrage sans l'avoir envoyé à Rome et obtenu de là même l'autorisation. Toutefois il apprit avec bonheur le succès de l’Apologie et ses heureux résultats : l’apaisement de la tempête soulevée par la Doctrine curieuse et la réconciliation de l’auteur avec Ogieré.
Pendant la querelle, le célèbre Guez de Balzac, jadis élève de Garasse, avait pris parti pour le prieur : il critiquait vivement le style trop négligé de son ancien maitre. Mais le. jésuite ne se laissa pas faire. Dans la Response du sieur Hydaspe au sieur de Balzac, il se permit de signaler à celui-ci ses propres défauts : le culte exagéré de la forme, le ton emphatique, la lenteur et la minutie dans la composition. « Toutes vos lettres, lui disait-1l, ne sont qu’un pressis de. mélancholie noire et d’une gloire magnifique qui approche de bien près du frénétique. Vos périodes sont des périodes lunatiques; vos locutions sont des ampoules; vos virgules sont des rodomontades: vos interponctuations sont des menaces... Vous faites une fièvre de vostre estude, et, quand vous com- ‘posez, on peut dire que vous êtes ou dans le frisson ou dans la chaleur, jamais dans l'esgalité et le tempérament d’un homme sain”. » ;
A ces coups droits, portés d’une main un peu lourde, Balzac ne répondit point; il crut plus sage et plus respectueux de subir en silence les reproches d’un vieux professeur, et même de rentrer dans ses bonnes grâces. are
Cependant il existait un parti qui ne devait jamais par-
1. Lettre de Vitelleschi au P. Filleau, 12 janvier 1624 (Francia, Epist. Gen., t. IV).