‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 68 sur 308 · Rapin, Histoire du Jansénisme, p · texte numérisé non relu

Rapin, Histoire du Jansénisme, p

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d'importants errata que les esprits mal tournés se garderaient bien d'attribuer aux typographes ; de même, certaines manières de parler, toutes nouvelles et à double entente, risquaient fort de n'être pas prises dans le sens de l’auteur. « Bonne veine! » pour Duvergier de Hauranne. Non content de tirer bon parti des fautes - réelles, l'abbé de Saint-Cyran, prodige de mauvaise foi, entreprit, à l'instigation de Jansénius, de travestir l’œuvre de Garasse. Rien n’est plus facile que de défigurer la pensée d’un écrivain eñ isolant ses phrases de leur contexte. Saint-Cyran fit subir cette torture à la Somme théologique. Puis, avant même de livrer à l'imprimeur sa perfide censure, il en répandit à Paris parmi ses adeptes Les passages Les plus méchants. Dès qu’il les connut, le jésuite se récria : « Toute la vengeance que je désire de celuy où de ceux qui ont diffamé et desmembré mes propositions, est qu'ils scachentque je les désavoue pour miennes en l’estat qu’ils les ont publiées, et que si j'avois autant d'heures à perdre comme ils en perdent à l’examen de mes escrits, il n’y a livre au monde, quelque saint qu’il puisse estre, dans lequel retranchant, adjoustant, substituant, changeant, biaisant le sens, commeils font dans ma Somme, je ne trouvasse autant d’hérésies comme Épiphane et Théodoret en ont recognu et desfaict par leurs doctes volumes. L'’animosité des Aristarques me faict croire que si je faisois imprimer le symbole des apostres on y trouveroit des hérésies à centaines*. » |

Cependant, divulguées par les fils de Pasquier et les amis de Théophile, les critiques acerbes de Saint-Cyran faisaient leur chemin au préjudice de la Compagnie; elles parvinrent jusqu’à Rome et le P. Général s’en émut. Bientôt le P. Coton recut l’ordre de soumettre à unè nouvelle revision la doctrine incrimmée. Ilen chargea un homme de science solide, de jugement sûr, le P.Jean Sutfren; et celui-ci après un examen consciencieux pouvait écrire au P. Vitelleschi : « J'ai lu les propositions erronées et scandaleuses que quelqu'un avait extraites de la Somme Théologique du P. Garasse, et qu'il allait livrer à l'impression. Je les ai confrontées avec le contexte de l’auteur. J'avoue qu'il y a en celui-ci certaines propositions qui, à première vue, paraissent hardies. Cependant si on les considère avec la rigueur de l'École, toutes, ou

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