‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 77 sur 308 · Le Mercure Jésuite, t. 4, p · texte numérisé non relu

Le Mercure Jésuite, t. 4, p

A. Ordonnance supprimant la congrégation (Annales des soi-disans…, t. I, p. 670).

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tueusement. Quant aux Pères, ils promirent d’obéir. Mais l’évèque ne se contenta point de leur bon vouloir pour l’avenir; il exigea des excuses pour le passé et une rétractation publique. Puis, afin de venger l'insulte faite à son grand vicaire par leurs élèves, il leur défendit d'exercer aucun ministère auprès des moniales de la ville!. À cette nouvelle, M"° l’Abbesse de Sainte-Croix, Charlotte Flandrine de Nassau, fit observer au prélat qu'à l'égard de son monastère « telle interdiction laissait quelque tache après elle ». Est-ce qu’elle-même ouses filles « donnoyent scandale à la maison des Pères, ou les Pères à la sienne ? Elle vouloit estre éclairée de ce doute afin d’en faire faire la punition requise ».. — « Lui fut répliqué par Monsieur l’évesque que rien ne le mouvoit que le seul nom de Jésuites; qu'il vouloit les ranger aux termes de leur restablissement et à l'observation des saincts décrets et recognoissance de sa juridiction ordinaire, sans avoir recours à l’extraordinaire, contre les libertez de l'Église Gallicane ?. » Devant une explication. si naïvement claire, l’abbesse s’inclina; mais sachant

à quoi s’en tenir, elle adressa des lettres de plainte à ses amis de

la cour. Elle ne pouvait, disait-elle, maintenir l’ordre et la discipline dans son monastère sans le secours des Jésuites; elle priait donc le roi de lui accorder sa protection5. Un conseiller d’État vint à Poitiers et recueillit les dépositions des parties. Il était à

peine de retour dans la capitale, que l’évêque reçut une lettre de

cachet par laquelle Louis XIII lui ordonnait de rétablir les choses dans l’état où elles étaient, de laisser les Jésuites exercer leurs fonctions dans. Les maisons religieuses et surtout dans l’abbaye de

Sainte-Croix; enfin de ne rien innover en matière de religion

dans une province si gâtée par le protestantisme.

La lettre du roi ne parlait pas de la Congrégation de la Sainte Vierge. C’est que Monseigneur, à la requête des Pères et sur la communication des bulles et statuts de cette pieuse société, avait levé son interdit; cela, il est vrai, à des conditions excessives : ainsi aucun nouveau membre ne pourrait être reçu désormais sans son consentement, et il se réservait le droit, si bon lui semblait, de les obliger à faire en sa présence leur acte de consécration”.

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