‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 84 sur 308 · PO CPE OF TER · texte numérisé non relu

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à son chapitre, soit pour le spirituel soit pour le temporel! ».

Le récit que nous avons fait, sur pièces authentiques, de la fondation de Quimper, au tome IIT de cette Histoire 2, nous dispense de relever les erreurs contenues dans ce préambule. Il est certain que MF Le Prestre, quels que fussent les motifs déter-

minants de sa conduite, avait donné un très libre consentement à l'érection du collège. IL n’est pas moins vrai que les Jésuites en promettant de respecter les droits de l’évêque et du chapitre entendaient bien que la Compagnie serait à son tour acceptée

avec ses conditions ordinaires d'existence. Il .en fut du reste ainsi pendant plusieurs années. De 1620 à 1625 les Pères purent exercer le ministère en Cornouaille et dans la ville épiscopale { sans aucune récrimination de la part de personne. Le 1” janvier 1624, Guillaume Le Prestre, en témoignage de sa bienveillance, avait même voulu présider dans la chapelle de la Compagnie les solennités du saint Nom de Jésus. Le matin il y célébra la messe en présence d’une foule nombreuse; et comme le local était trop étroit pour contenir les fidèles, il leur donna rendezvous pour le soir à la cathédrale. Là, il leur adressa sur le mystère du jour un sermon auquel il mêla les louanges de la Compagnie, se félicitant du bien que les disciples de saint Ignace opéraient dans son diocèse. Durant tout le cours de cette année ses sentiments ne se démentirent point, et non plus ne languit

le zèle des Jésuites à lui donner satisfaction.

Dans les premiers mois de 1625 il modifia soudain son attitude. Les Pères avaient-ils donc changé de conduite? Nullement. Leurs œuvres deyenaient plus fructueuses que jamais: les classes étaient suivies par de nombreux élèves ; grâce aux congrégations de la sainte Vierge, l'esprit de piété se répandait dans toutes les classes de la. population ; les communions, de plus en plus fré- ù quentes dans toutes les églises, en étaient un signe évident. Mais ; des fidèles de tout âge et de toute condition assistaient avec assiduité aux exercices de dévotion dans la chapelle du collège, et les curés de la ville craignirent de voir diminuer leur propre influence. Alléguant qu'ils avaient charge d’âmes et que c'était à eux de les diriger, ils se plaignirent à l’évêque de ce que les Pères leur enlevaient leurs ouaïlles. C'est alors seulement que - 1. Rapport de l'évêque de Chartres (Collect. des procès-verbaux des ass. gén. du clergé, t. II, p. 507 et suiv.).

2 Voir tome IIT, p. 496 et suiv.

3. Lillerae annuae 1624 mss. collegii corisopilensis (Franciæ histor., t: IN, n. b2). d

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M‘ Le Prestre crut s’apercevoir que les Jésuites empiétaient sur

ses droits, et rendit contre eux une ordonnance qu’il essaya de justifier dans l’Assemblée du clergé!. Leur reprochant, nous dit le rapport de Léonor d’Estampes, d’avoir exercé le ministère sans avoir été examinés ni approuvés par lui, et sans lui avoir exhibé leurs privilèges, il leur fit défense, le 27 mars 1625, « d'entendre les confessions et de donner la communion depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au dimanche de Quasimodo inclusivement »: en outre il déclarait « rebelles et excommuniés, suivant la teneur

du canon Omnis utriusque sexus, tous ceux qui n’obéiraient pas

ponctuellement ? ».

Cette ordonnance, poursuit le rapport « ayant esté signifié a Léon Le Fèvre, vice-recteur |du collège}, il y auroït fait response avec évident mépris de la dignité et autorité dudit Seigneur Evesque ». C'est, grave; mais, par bonheur, on nous donne les termes de cette réponse que voici : « Les Jésuites avoient juridiction de Sa Sainteté qui avoit pouvoir universel sur tout le monde; depuis quatre ans ils avoient exercé [le ministère] dans ladite ville, à la vue et sans opposition dudit Seigneur Evesque: quant aux privilèges, qu'ils sont prests à les montrer et qu’ils se trouvent au droit commun des privilèges; et pour le canon Omnis utriusque seœus, qu'il ne deffend aux privilégiés d'entendre les confessions au temps de Pâques, non plus qu'aux évesques et à Sa Sainteté, qui ne sont eurez immédiats ni propres prestres [des paroissiens|, et le peuvent par eux-mêmes et leurs délégués; [enfin les Jésuites de Quimper n'avaient pu) contrevenir aux conditions de leur établissement, n’en ayant admis d’autres que ce que la Compagnie pratique par toute la France sans contredit. » Réponse parfaite, où l’on chercherait en vain la

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