‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 85 sur 308 · Collect. des procès-verbaux, 1. c · texte numérisé non relu

Collect. des procès-verbaux, 1. c

2. Ce fameux canon du quatrième concile de Latran (fin 1215, sous Innocent II) est ainsi conçu : « Omnis ulriusque sexus Christi fidelis, cum ad annos discretionis pervenerit, ommia peccala sua solus confiteatur fideliter, sallem semel in anno, proprio. sacerdoti. Si quis autem volueril, justa de causa, confiteri alieno. sacerdoti, licentiam polius postulet a proprio sacerdote, cum aliler ipse non possit illum absolvere: aut ligare. » Par le mot proprius sacerdos le concile n’entend pas seulement le curé mais encore l’évêque et le vicaire de Jésus-Christ. Or, si le pape et l’évêque sont le « propre prêtre »ilest clair qu'on remplit d'obligation

imposée en s'adressant à ceux à qui il leur à plu de confier pour tous les temps de:

l’année l'usage de la puissance des clés, dont ils sont les premiers dépositaires, Au ssi le V° concile de Latran (sous, Léon X) déclare-t-il que les prêtres réguliers. pourront absoudre librement et licitement ceux qui se présenteront à eux et que les fidèles qu’ils auront confessés, satisfont au canon Utriusque sexus. (D'Avrigny, op cil., t. E, p. 343 et suiv.)

3. Rapport de Léonor d'Estampes (Coll. des procès-verbaux... 1. €.).

moindre trace de mépris; si elle’ blessa l’évêque de Quimper c'est qu'elle était sans réplique. Mais à qui la faute”?

Guillaume Le Prestre reprochait encore aux Jésuites de soumettre aux mesures disciplinaires, en usage dans les collèges, les élèves ecclésiastiques sur lesquels il avait seul le droit de cor-: rection; puis d’avoir choisi pour la construction des nouveaux bâtiments un lieu comprenant, disait-il, « le tiers de la ville !». Ici l’exagération est évidente; quant à l’ensemble du grief, il a besoin d'explication.

Conformément aux lettres patentes du roi, la ville de Quimper avait acheté pour bâtir le collège quelques maisons et des jardins?. M Le Prestre prétendit que l'emplacement choisi ne pouvait être accordé par le conseil de ville, attendu que lui seul, en qualité de seigneur féodal de Quimper, avait droit d’en jouir et d'en disposer. À la requête du chapitre, les juges des Régaires? défendirent aux Jésuites de démolir ni de bâtir dans le fief épiscopal « à peine de cinq cents livres d'amende pour tous les maçons et ouvriers qui y contreviendroient. » Mais il intervint une décision toute contraire du Présidial, interdisant aux chanoines de poursuivre leur opposition. Ce tribunal permit en même temps de déblayer l'emplacement et de faire les préparatifs des bâtisses, sauf à donner ensuite une indemnité au prélat. Celui-ci appela de cette sentence au Parlement de Rennes « attendu, disait-il, que le Présidial formé de la meilleure partie des habitans, était inhabile à connaitre de la question ». Plusieurs fois le Parlement se prononca contre l’évêque. Alors Guillaume Le Prestre se plaignit de l'injustice des arrêts, sous prétexte que la plupart des conseillers, appartenant à la Congrégation de la Sainte-Vierge et ayant leurs enfants sous la direction des Jésuites, étaient plus disposésen leur faveur5. En somme la . ville se trouvait seule en cause dans ces démélés, et l’évêque attribuait tout aux Jésuites.

Comme conclusion de sonrapport, Léonor d’Estampes demandait à l'Assemblée, au nom de M“ Le Prestre : (

1° Qu'elle s’entendit avec le Pape sur la confection d'un Rè-

Page 1