Le Mercure françois, t: XI, p. 1068 et suiv
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qu'outre J’universel consentement des peuples et des nations, les prophètes annoncent, les Apostres confirment et les Martyrs confessent que les Roys sont ordohnez de Dieu, et non cela seulement, mais qu'eux-mesmes sont Dieux... non par essence, mais par participation ; non par nature, mais par grâce; non pour toujours, ais pour certain temps, comme estans les vrays lieutenans du Dieu Tout-Puissant, et qui, par l'imitation de sa divine Majesté, représentent 1ci-bas son image. »
Après cet hymne emphatique à l’ oise royale, le prélat courtisan ose avancer les propositions suivantes : « Le Roy a en sa disposition la vie et la mort de tous ses sujets. — Chacun de ceux-ci est obligé d'employer tout son pouvoir pour amplifier l’Estat dans lequel il est né, principalement parce que Dieu l'a ainsi ordonné. — Encore qu’un prince ravisse nos biens et qu'il nous oste nostre liberté, qu’il nous surcharge ét nous fasse tout le mal que Dieu annoncçoit à ceux qui luy demandèrent un Roy, nonobstant tout cela, il faut obévr au Prince pour fascheux qu'il puisse estre…. Ets’il persécute la Religion, s'il a les armes à la main, s’il expose les fidelles au martyre; néantmoins, si nous voulons obévr à l'Escriture, il vaut mieux remporter une victoire céleste par l’effusion de nostre sang que de souiller la renommée de la patience des Chrestiens, en lui résistant l’épée au poing. » Quant aux alliances avec les hérétiques, il ne faut, dit-il, répondre qu'un mot : « C’est que le Roy a faict l'alliance parce qu'il l'a voulu; qu'il a entrepris la guerre parce qu'il estoit juste et raisonnable, ou pour mieux dire qu'une telle guerre est juste parce qu'il l'a entreprise !. »
Jamais peut-être le gallicanisme politique ne s'était exprimé avec autant d’audace. Ces maximes parlementaires que le Tiers- Etat aurait voulu faire déclarer loi fondamentale du royaume, un évêque les érigeait en dogme de foi. C'était dépasser toute mesure. Le nonce effrayé réclama. Sur ses remontrances, la majorité de l’Assemblée s’empressa de désavouer Léonor d’Estampes et ses complices ?. Puis, afin de décliner toute participation à une œuvre schismatique, elle résolut, le 12 janvier 1626, sur la proposition du cardinal de La Vallette, de publier une nouvelle censure, portant la simple condamnation deslibelles sans aucun exposé de doctrine. Séance tenante l’évêque d'Angers, Charles Miron, rédigea
1. Ceusure deslibelles, 13 décembre 1625, par Léonor d’Estampes (Le Mercure frangois, p. 1072).