Ibidem, F. 109 v
3. Déclaration des évêques el membres de l'Assemblée (Annales des soi-disans.…., II, p. 93).
Quand il s’agit de souscrire à cette déclaration, les évèques de Chartres, de Soissons et d’Avranches se séparèrent de leurs collègues; ils mirent du moins comme condition à leur signature que les autres signataires adhéreraient aux trois propositions suivantes : « 1° Pour quelque cause et occasion que ce puisse estre, il n’est permis de se rebeller et prendre les armes contre le Roy. — 2° Tous subjects doivent obéyr au Roy, et personne ne les peut dispenser du serment de fidélité. — 3° Le Roy ne peut estre déposé par quelque puissance que ce soit, ni sous quelque prétexte et occasion que ce puisse estre!, »
Ilne fut tenu aucun compte de leurs exigences, et l’évêque de Chartres soutenu par le Parlement s’entéta dans son refus. On ne sait ce qui serait arrivé, si Richelieu n'avait entrepris de le ramener à de meilleurs sentiments. Ce fut difficile, « car il estoit question de faire rétracter un homme constitué en dignité,.… appuyé de personnes puissantes qui eussent bien voulu que la dispute fût allée plus avant ». Enfin « moitié par douceur, moitié par autorité ? » le cardinal « obligea » Léonor d’Estampes à signer une demi-rétractation : « Nous soussigné, évêque de Chartres, déclarons qu’en la déclaration que nous avons faite par le commandement du clergé, pour réfuter et condamner les livres : Admonitio ad Regem et Mysteria politica, souscrite de nous en date du 13 décembre * dernier, nous n’avons eu autre intention que de suivre la doctrine qui a toujours été tenue en ce royaume tant pour la sûreté de la personne de nos roys que de leur . Etat, sans avoir voulu ni entendu en aucune facon condamner ni l'opinion contraire ni aucune autre d’hérésie. Fait à Paris, cé 27 février 1626. L. d’Estampes, évêque de Chartres #. »
C'était une médiocre satisfaction donnée aux autres prélats; ils s’en contentèrent. Le Parlement, lui, la regarda comme une trahison. Dans son dépit, il cassa par un arrêt du 3 mars lesdélibérations de l’Assemblée deSainte-Geneviève, défenditaux évèques présents à Paris de se réunir de nouveau, et leur enjoignit, sous peine de saisie de leur temporel, de se retirer dans quinze jours en leurs diocèses 5. Ce troisième arrêt fut signifié le 7 mars à
1. Déclaration des évêques de Chartres et de Soissons, 26 février 1626 (Le Mercure françois, t. XI, ann. 1626, p. 195, 196).