‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 12 sur 375 · Ménologe de l’Assist. de France, t. I, p · texte numérisé non relu

Ménologe de l’Assist. de France, t. I, p

5. Le P. Perrin se réfugia au collège de Besançon, où, malgré ses soixante-dix ans, il s'offrit pour enseigner les humanités. On le remercia et il employa ses derniers jours à se préparer à la mort. Saint Pierre Fourier, exilé comme lui en Franche-Comté, ne se lassait pas d'exalter ses vertus et le proclamait l’un des meilleurs soutiens de la Compagnie (Ménologe, Assistance de France, t. I, p. 228).

pendues au mois de mai à cause de la peste, et la rentrée n'eut lieu qu'en novembre; mais dans quelles conditions! Plus de faculté de théologie, plus de leçons de mathématiques; deux classes d’humanités fondues en une, deux heures de cours au lieu de cinq, et presque pas d’élèvesf.

Durant toute cette année 1636 les belligérants vécurent à discrétion dans les campagnes et achevèrent d’épuiser la Lorraine. Quant à Charles IV, il ne parait point qu'il füt bien sensible aux malheurs de sa patrie. I séjournait à Bruxelles et s'y livrait à toutes sortes de divertissements?, lorsqu'on apprit que le prince de Condé venait de pénétrer dans la Franche- Comté et avait mis le siège devant Dôle. Invité par le cardinal Infant, gouverneur des Pays-Bas, à secourir cette ville, le duc Charles partit sur-le-champ, joignit ses troupes à l’armée allemande du général de Lamboy* et aux milices comtoises du marquis de Conflans, et parut le 1# août devant la place“.

7. Depuis longtemps déjà, Condé, gouverneur de la Bourgogne, avait préparé avec Richelieu l’invasion de la Franche- Comté5. Parmi ses principaux agents, le due d’Aumale nomme un Jésuite Dauphinois, le P. Motet, recteur du collège de Dijon. « Les supérieurs de ce dernier, dit l’éminent historien, eurent sans doute vent de ses menées et craignirent qu'il n’en résultät quelque ennui pour l'Ordre, car le P. Motet fut remplacé au collège de Dijon, en septembre 1635, et désigné pour aller précher en Champagne; M. le Prince n'ayant pu obtenir la révocation de cette décision que Le P. Général présentait comme une mesure de discipline, provoqua un ordre du roi qui retenait le P. Motet à Dijon. » Dans un mémoire présenté à Louis XIII le 16 février 1636, Condé écrivait : « Le Père Mos (Motet), Jésuite et cy-devant recteur à Dijon, a grande amitié avec le P. Bilistin (Bildstein), recteur à Besançon’, et aussi avec celuy de Dôle, par le moyen desquels il pourroit descouvrir beaucoup de choses desdits Pères. » Richelieu inscrivit à la marge cette observation : « En temps et lieu toutes ces négociations seront bonnes;

. Eug. Marlin, op. cût., p. 102, 103.

. Henrard, Marie de Médicis dans les Pays-Bas, p. 550 et suiv. . Guillaume de Lamboy, feld-maréchal, d’origine Liégeoise.

Digot, V, 270. — D'Haussonville, IL, 57.

. Mémoires de Richelieu, t. ILT, p. 59: et suiv.

. Dus d'Aumale, Hist. des Princes de Condé, t. II, p. 271, 272. . Le P. de Bildstein n’était pas recteur.

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maintenant elles ne peuvent estre bonnes qu’à faire soubconner ce qu'on ne veut pas faire!. » Nous ignorons jusqu’à quel point le prince de Condé se servit de l'entremise du P. Motet, mais il est certain que les Pères du collège de Dôle ne se prêtèrent pas à ses avances.

La déclaration royale qui dénoncait les hostilités, avait été publiée à Auxonne le 26 mai et expédiée immédiatement aux gouverneurs de la Franche-Comté. Les sieurs Labret et Camus, au nom du conseil de ville, invitèrent les Jésuites à quitter la place avant son investissement. Les Pères répondirent qu’on aurait besoin de leurs services pour les malades et les blessés: ils se contentèrent de licencier leurs élèves et donnèrent l'hospitalité aux Capucins dont le couvent était hors des murs.

Arrivé devant Dôle le 28 mai, Condé investit la ville dès le lendemain?. Le 3 juin il éenvoyait somimer les habitants de se rendre à des conditions avantageuses. « Rien ne nous presse, répondirent-ils à l’émissaire du prince, dans un an, s’il le faut, nous mettrons vos offres en délibérations. » L'armée française dut se résoudre à faire un siège en règle. L'archevèque de Besancon, François de Rye, fut l'âme de la défense à laquelle prirent part tous les habitants, hommes, femmes et moines. Un capucin, le P. Eustache, « un des meilleurs canoniers de son temps », dirigeait l’artillerie dont « le feu était fort supérieur à celui des François* ». Quant aux Jésuites, ils se signalèrent par des services de toutes sortes. « Outre les gardes accoustumées, à leur tour, et tous autres devoirs... en public et en privé, ils prindrent secours des âmes pour leur tasche particulière. Dès l'ouverture des hostilités, raconte le conseiller Boyvin, le maistre de camp pria le P. Recteur de fournir deux de ses religieux en chacune des demies-lunes des deux portes (qu’on pouvoit appeler les guerrières, puisqu'on y estoit continuellement aux prises), afin d'accourir aux blessés, et par la confession et l’absolution leur rendre ou assurer la vie de l’âme si les blessures venoient à leur ravir celle du corps. » Cette fonction qu'ils acceptèrent volontiers, ils « l’accomplirent punctuellement dez lors jusques à la fin du siège : ceux qui estoient destinés à ces charitables emplois n'abandonnoïent point leur poste, fust de jour ou de nuit, non

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