MAN. MA I
pas mesme pour ailer dire la sainte messe en l’église ou pour aller prendre un peu de réfection dans le collège, qu’ils ne fussent levés de sentinelle par d’autres qui leur estoient subrogés, de peur que les soldats ne demeurassent un moment sans cette salutaire et nécessaire assistance! ».
Le vieil historien mentionne spécialementle P. Laurent Chifflet, de Besancon, et le Frère Remy Milson, natif de Lorraine, qui se distinguèrent par leur dévouement dans les hôpitaux. « Le P. Chifflet fut l'inventeur et le directeur presque de tous les vœux et dévots exercices que l’on à pratiqués dans la ville, pour implorer la faveur du ciel aux plus grandes détresses. Dès le commencement du mois de juillet, s’apercevant que les soldats et les pauvres bourgeois blessés ou autrement malades, qui peuploient le grand hospital... avoient besoin d'aide en ce dangereux passage d’un moment à l'éternité, il s’y engagea volontairement [pour les] servir en toutes leurs nécessités spirituelles et temporelles, » Dans cette œuvre de miséricorde, il fut secondé par le Frère Remy Milson « adroit et prattique en la pharmacie et en la chirurgie... qui passoit les jours et les nuits infatigablement à panser les plaies des blessés et soulager leurs plus -poignantes douleurs. Si l’un ou l’autre pouvoit dérober quelques heures à l’hospital, c'estoit pour les donner aux autres blessés et languissans qui les appeloient à leur ayde dans les maisons particulières... où ils estoient désirés et receus comme des anges de Tobie? ».
À un moment donné (c’est encore Boyvin qui nous l’ apprend) le célèbre collège de l’Arc devint l'objectif du tir des Français. Les assiégeants ayant appris « qu’on avait resserré des poudres sous une voûte de la maison des Pères Jésuites, on vit tout un Jour une gresle de bombes fondre sur leur collège... sans que | personne en fust grièvement offensé, ny les munitions en pe »,
Le prince de Condé, rappelé subitement en Picardie pour s’opposer aux progrès des ennemis dans Le nord de la France, décampa dans la nuit du 14 au 15 août et se retira, sans être ie sur Saint-Jean-de-Losne“. Le jour de l’Assomption, au moment où les troupes de secours du duc Charles IV entraient à Dôle, l’intrépide archevêque de Besançon, vieillard plus qu'octogénaire, se
. Boyvin, Le siège de lu ville de Dôle, p. 117, 118. Cf. Labbey de Billy, Hist. de l Université du Comté de Bourgogne, t. 1, p. 190. 2. Boyvin, p. 118, 119.