‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 130 sur 375 · RÉSIDENCE DE MACON · texte numérisé non relu

RÉSIDENCE DE MACON

à la fondation d’une maison de probation dans une ville du comté de Bourgogne, au choix des supérieurs!. Ceux-ci hésitèrent longtemps entre Gray, Salins et Vesoul. Au surplus la dotation Richard ne suffisant pas à elle seule, les choses traînèrent en longueur. Finalement ce sera un collège que les Jésuites fonderont à Gray en 1653.

8. À Mâcon l'établissement d’une résidence précéda aussi l'érection d’un collège, et là encore, comme nous l'avons vu pour plusieurs autres villes, le prince de Condé prêta son puissant concours.

En 1 629 il avait été question de confier aux Jésuites les écoles tenues jusqu'alors par des maitres séculiers; mais une assemblée des « notables bourgeois » s’y était opposée, attendu Le grand nombre de religieux et de gens d'église qui se trouvaient déjà dans cette « petite ville composée seulement de douze cens feux etla moytié réduite à mandicité? ». Trois ans plustard, le 19 décembre 1632, l'assemblée de nouveau réunie entendit lecture d’une lettre, tout entière écrite de la main de Henri de Bourbon, prince de Condé : « Messieurs les eschevins et habitans de Mascon, il ya longtemps que je désire voir les Pères Jésuites establis en vostre ville; ils vous seront très utilles soit pour enseigner vos enfans sans frais, soit pour la prédication, confessions, instructions, catéchismes : ce sont personnes dont la probité est sans reproche. Je vous écris donc la présente pour vous prier consentir que Le Roysoit suplié de permettre leur establissement en vostre ville, et je vous seray en mon particulier obligé si vous le faites ; car je les aime avec raison, pour la connaissance de leurs mérites, leur aiant mis mes enfans entre les mains. Je laisse à vostre chois ou de Les rece voir au collège, ou en une résidence simple, sans qu’il vous en couste rien ;et celle-cy n’estant à autre fin, je la finiray vous assurant que je suis de tout mon cœur, Messieurs. vostre afectionné amy — Henry de Bourbon?. »

Sans doute, sous cette forme, l'offre était tentante; aussi, après une courte délibération, fut-il résolu d’une commune voix « qu’on satisferait au désir de M£ le prince ». On décida done d'avoir

1. Donation du D' Richard, 14 mai 1636 (Archiv. du Doubs, D, 9, et Jésuites de Salins, H, 10).

2. Délibération du conseil de ville, 7 juillet 1629 (Archiv. comm., BB, 90, fol. 132- 133).

3. Lettre du prince de Condé aux échevins de Mâcon, décembre 1632 (Archiv. comm., GG, 127, n. 79).

des Jésuites « pour l'instruction de la jeunesse jusques en philosophie »; on leur abandonnerait les maisons où se faisait « l'exercice du collège », et la rente annuelle fournie jusqu'alors, laquelle montait à six cents livres, y compris la prébende préceptoralef. On se crutainsi très généreux, puisque le prince de Condé n'avait sollicité aucune contribution pécuniaire. Mais on demandait six classes, et la Compagnie ne pouvait, avec six cents livres de revenu en perspective, donner le personnel nécessaire à un collège de cette catégorie : les supérieurs firent donc savoir que les conditions n'étaient pas acceptables?, et pendant trois années il

ne fut plus question de la venue des Jésuites à Mâcon. En 1635 le

P. Pierre Bullioud, de passage en cette ville, remit aux échevins un mémoire court et signé de lui, dans lequel il demandait que les Pères fussent reçus par forme de résidence. Il y insinuait que ce serait « une disposition prochaine à un collège, lorsque la ville ferait suffisante fondation à cet effet? ». Une visite de monsieur le prince ayant coïncidé avec le séjour du jésuite, une assemblée des bourgeois fut convoquée le 30 septembre, afin d'étudier l'affaire à nouveau. On y résolut d’abord que la conclusion du 19 décembre 1632 serait exécutée selon sa forme et teneur: en outre, pour témoigner son désir de confier son collège à la Compagnie de Jésus, la ville consentit à donner une rente annuelle de mille livres‘. Comme ce revenu n’était pas encore proportionné aux besoins d’un collège moyen, le P. Filleau se contenta d'ériger à Mâcon une résidence où les religieux s'adonnèrent pendant quinze ans au seul ministère apostolique. Le collège ne fut établi qu’en 1650, grâce à la bienveillance de l'évèque, Louis Dinet, frère d’un jésuite, le P. Jacques Dinet, confesseur de Louis XIII et de Louis XIV.

9. Un autre évêque, celui de Fréjus, Barthélemy de Camelin, se fit également le protecteur des religieux de la Compagnie de Jésus dans sa ville épiscopale. Il les y avait établis en mission

1. Délibération du 19 décembre 1632 (Ibidem, n. 4). Cf. Rameau, Les fondations religieuses, etc. dans la Revue de la Société litt., hist. el arch. du département de l'Ain, 1880-1881, p. 279, Le collège des Jésuites. — Comptes rendus au Parlement, t. VI, p. 204.

2. Délibération du 18 septembre 1633 (Archiv. comm., GG, 127, n. où

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