BIENFAITS DU ROI ET DU CARDINAL
professe à Toulouse!. En 1633, il octroya plus de deux mille livres au collège d'Orléans, afin de couvrir en partie la dépense de réparations urgentes?. En 163%, il assigna aux Pères de Béziers, pendant cinq ans, une rente de mille livres sur l'abbaye Saint-Pierre de Villemagne l’Argentière « pour leur ayder à bastir et entretenir l’esglise dudict collège? ». En 1637, les maire et échevins d'Orléans ayant voulu astreindre les Pères de cette ville à contribuer aux frais d’une levée de gens de guerre, le roi le leur défendit formellement#. Bien plus, par ses lettres patentes du 6 janvier 1637, il étendit le bénéfice de cette défense à tous les Jésuites du royaume; et, attendu que la Compagnie ne possédait aucun bien qu'à « titre onéreux », il déclara qu'il avait toujours entendu « que les dicts Pères demeurassent francs, quittes et déchargés de toutes contributions et impositions généralement quelconques, les décimes dues par les bénéfices unis exceptés® ». Cette exemption générale fut confirmée par Louis XIV le 16 février 1644.
En 1641 on venait d'achever à Paris les travaux de l’église de la maison professe dédiée à saint Louis et dont Louis XIII, on s'en souvient, avait posé la première pierre en 1627. Le roi avait contribué généreusement à sa construction et Richelieu avait fait exécuter à ses frais les décorations du portail6. Le 9 mai, jour de l’Ascension, fut choisi pour l’ouverture solennelle de ce nouveau sanctuaire 7. Toute la cour vint assister à la première messe chantée par le cardinal, entouré d’une foule de prélats et d’abbés. Le roi et la reine, les ducs d’Orléans, d'Enghien, de Conti, de Nemours, de Chevreuse, de Montbazon, de Ventadour, d’'Uzès et de Luynes, les maréchaux de Brézé, de Saint-Luc et de La Meilleraye, le chancelier Séguier, le surin-
1. Litterae annuae 1634 (Ibidem, n. 19). Une augmentation de l’impôt sur le sel qui fut ordonnée à cette occasion, excita parmi le peuple une sédition facilement réprimée.