Carrez, op. cit., t. III, p
5. Lettres du P. Général au P. Cheminot, 25 mars, 28 juillet 1623, 28 juillet 1626 (Camp. Epist. Gen., t. 1).
dressé des lettres patentes quelque peu impératives. « Comme nous ayions désiré pour le bien et repos de nostre conscience d’avoir quelque Père religieux près de nostre personne, capable de nous résoudre et esclaircir les difficultés qui interviennent tous les jours, et qu'entre ceux de nos subjets naturels qui en font profession, nous ayions jeté l'œil sur nostre cher et bien aymé le P. Didier Cheminot..…. natif de nostre ville du Pont- à-Mousson. . pour nous rendre à cest effect les services que nous a attendre de luy. Scavoir faisons que n’estans pas moins asseuré de sa capacité et connoissance parfaitte ès matières de conscience que de son imtégrité et piété religieuse, comme aussy de sa fidélité et affection en nostre endroit; nous, pour ces causes et autres bonnes et justes à ce nous mouvans, avons ledit P. Cheminot, Jésuitte, choisy et retenu, choisissons et retenons pour nostre confesseur et conseiller ès choses qui concernent le fait de conscience, pour, en ladite qualité, et par la permission de ses supérieurs demeurer arresté près de nostre personne et s'employer et nous servir pour ledit fait de conscience, ainsi que les affaires qui se présenteront et nostre service le requerra. En conséquence de quoi nous prions et instamment requérons les supérieurs de ladite Compagnie, qu'il appartiendra, de luy donner tous congés et licences à ce nécessaires. En foi de quoy nous avons aux présentes signées de nostre main, et contresignées par un dessecrétaires de nos commandements et finances, fait mettre et apposer en placart nostre scel secret. Données en la cité de Besançon, le vingt-cinquième mars mil six cent et trente-sept !. »
Quelques jours après, le P. Cheminot informa le P, Général du choix dont il avait été l’objet et demanda son approbation. Il n'ignorait pas, disait-il, les difficultés inséparables d’un tel office, et se déclarait prêt à suivre fidèlement l'instruction du P. Aquaviva pour les confesseurs des grands. « Quelquesuns, ajoutait-il, regretteront peut-être ma présence auprès du sérénissime prince, parce qu'ils me soupconnent d’avoir une doctrine relâchée; mais je veillerai sur moi et sur ma docirine 0)
Les soupçons des confrères du P. Cheminot n'étaient pas sans fondement, mais le P. Général, n'ayant alors aucune raison sérieuse de s'opposer aux volontés de Charles IV, donna l’auto-
1. Patentes du duc Charles IV nommant le P.Cheminot son confesseur, 25 mars 1637 (Campaniae historia, t. I, n. 81).