Lettre du P. Cheminot au P. Général (Zbidem, n
risation demandée!. Nous avons la lettre par laquelle le prince lui exprime sa reconnaissance et la réponse de Vitelleschi ? Cette dernière montre que Sa Paternité ignorait totalement dans quelle déplorable situation se trouvait à ce moment le duc de Lorraine.
11. Jeune encore, esprit brillant, caractère courageux, mais de nature inquiète et capricieuse, Charles IV se faisait de la sainteté du mariage la plus fausse idée. Fils de François de Vaudemont et neveu du duc Henri Il, il avait épousé la fille aînée de celui-ci, la princesse Nicole, par motif purement politique, pour s'assurer la couronne si vraiment la loi salique n'était pas reconnue. dans le duché. Nous avons vu que telle était en effet l'opinion plus ou moins intéressée de Richelieu et comment, après l'occupation de Nancy (septembre 1633) il obtint que Nicole quittât sa capitale pour se retirer à Paris. Or cette séparation des deux époux allait exercer une funeste influence sur la conduite du mari. Celui-ci tout d'abord témoigna le désir de retrouver sa femme et insista, à plusieurs reprises, pour qu'elle vint le rejoindre à Donc: puis bientôt, errant à travers l'Europe, il l’oublia pour s’abandonner à tous ses caprices.
Ce fut en 1634, lors de son premier séjour dans la capitale de la Franche-Comté, que Charles IV rencontra Béatrix de Cusance, Épris des charmes et de la beauté remarquable de cette jeune fille de dix-huit ans, il ne tarda pas à déclarer sa passion #, et dès lors, fertile en expédients, il chercha les moyens de rompre avec Nicole : son mariage était nul, prétendait-il, comme contracté par la seule raison d’État à lé suite de contrainte exercée sur sa libre volonté, sa cousine elle-même n'ayant cédé qu'aux injonctions de ses parents. A l'entendre, le séjour de Nicole à Paris confirmait ke peu de valeur de leur union. Cependant la famille ducale pensait tout autrement, et, l'année suivante, tandis que Charles IV guerroyait en Allemagne, sa sœur, la princesse de Phalsbourg, dans le dessein de couper court au projet de divorce, parvint à marier Mademoiselle de
1, Lettre de Vitelleschi à Cheminot, 20 mai 1637 (Lugdun. Epist. Gen., t. I1I).
>. Lettre de Charles IV à Vitelleschi, 10 juillet 1637 (Lugdun. Epist. ad Gent: 1): Lettre de: Vitelleschi à Charles IV, 23 août 1637 (Gall. Epist. Gen, ad externos, 1613-
3. a de Charles IV à la duchesse Nicole, dans Des Robert, Campagnes de Charles IV, 1634-1638, p. 5 et pièces justificatives, p. 433-439.
4. Dom Calmet, His{. de Lorraine, À. IL, p. 324. — Des Robert, op. cil., p. 238, 239, 375-385.
Cusance au prince de Cantecroix, riche seigneur de la maison de Granvellef.
Mais le duc de Lorraine ne s’embarrassait pas pour si peu. Revenu à Bruxelles après la victoire de Nordlingen et y ayant retrouvé Béatrix, il lui témoigna les mêmes attentions que par le passé. Le désir d’apparaître comme un sauveur aux yeux de la princesse de Cantecroix et de ses compatriotes ne fut sans doute pas étranger à la détermination qu’il prit de marcher au secours de la Franche-Comté. A peine Dôle était-il délivré que le prince de Cantecroix mourut emporté par la peste. Peu après, Charles IV demanda la main de Béatrix; comme celle-ci lui objectait qu'il était déjà marié, il résolut de faire rompre officiellement son union avec Nicole, et trouva des casuistes et des jurisconsultes complaisants pour en déclarer la nullité. Sur quoi, le 2 avril 1637, en présence des témoins requis, mais en secret, le vicaire de la paroïsse Saint-Pierre de Besançon, délégué par son curé, donna la bénédiction aux nouveaux époux”. Dès qu'elle eut connaissance de ce qui s'était passé, la princesse Nicole fit toutes les protestations nécessaires et attendit les événements.
12. Ce mariage avait été célébré huit jours après le choix du P. Cheminot comme confesseur du duc de Lorraine. On l’accusa de s'être facilement prêté aux caprices du prince et l’on rendit tous les Jésuites solidaires de cette honteuse condescendance. Qu'en est-il au juste? et si le P. Cheminot fut coupable, à quel point la Compagnie doit-elle porter la responsabilité de sa faute?
D'abord, 1l n’est point du tout certain que le P. Cheminot ait été consulté ou qu'il soit entré en fonctions avant la célébration du second mariage. Charles IV du moins le niera : « Nous attestons à tous, écrira-t-il le 22 juillet 1639, que le P. Didier Cheminot notre confesseur n’a coopéré en rien de près où de loin à notre mariage avec Madame Béatrix de Cusance. C’est à son insu qu'il a été contracté, le Père n’étant devenu notre confesseur qu'après sa célébration*. » En effet, ce fut le 20 mai seulement que le P. Général approuva le choix du confesseur, et le 10 juillet que le duc remercia Vitelleschi de l’autorisation accordée à Cheminot
à D'Haussonville, op. cit. Ke IE, p. 92-96.
. Ibidem, p. 96-98. __ Digot, 0p.. Cil., p. 235, 273. 2 ob Calmet, t. Il, p. 342. 3. Déclaration du duc de Lorraine, 22 juillet 1639 (Gall. Assist. Les confesseurs du Roy). Le texte porte electus fuerit; mais il ne peut être ici question de la déclaration du choix, puisque les patentes de nomination sont du 25 mars 1637; il
s’agit donc seulement de l'entrée en charge;
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