Cité par Baillet, Vie de Descartes, p
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avertir et ainsi de continuer encore à m'enseigner, je vous en aurai une très grande obligation et ferai le mieux qui me sera possible pour les corriger suivant vos bonnes instructions {. »
Ainsi Descartes désirait qu'on examinât son ouvrage la plume à Ja main et qu'on lui envoyât des observations. Le professeur chargé de ce travail ne s'étant point hâté de répondre, l’auteur eut recours par deux fois à son ami Mersenne et le pria de rappeler incidemment aux Pères de La Flèche son désir etson attente. « Je voudrais bien savoir de quelle facon ils traitent mes Météores en leur philosophie; savoir s'ils les réfutent ou s'ils s’en taisent; car je n'ose encore penser qu'ils les suivent, et cela se peut voir par leurs thèses publiques®. » en
Le fait est qu’au collège Henri IV, après lecture et examen des Essais, les esprits se trouvaient très partagés. Tous admiraient sans doute le beau talent de Descartes, mais beaucoup formulaïient contre ses théories les plus graves critiques. Ils lui reprochaïent d'attaquer outre mesure l’école d’Aristote et de secouer imprudemment le joug du passé; ils signalaient aussi dans ses ouvrages plus d’une proposition dont leur orthodoxie s’alarmait. Cependant quelques-uns, tout en faisant des réserves, se montraient plus favorables. Le P. Antoine Vatier écrivit à Descartes pour le féliciter de ses vues nouvelles et lui indiquer, à côté de vérités de premier ordre, quelques erreurs par rapport à l'existence de Dieu et à la transsubtantiation. « Votre approbation, répondit l’auteur, m'est particulièrement chère et agréable parce qu'elle vient d’une personne de votre mérite et du lieu où j'ai eu le bonheur de recevoir toutes les instructions de ma jeunesse*. » Il avoue ensuite quelques obscurités touchant l'existence de Dieu, mais, ajoute-t-il, « je ne crains nullement qu'il se trouve rien contre la foi dans mon traité sur la Méthode, car au contraire, j'ose me vanter que jamais elle n’a été si fort appuyée par les raisons humaines qu’elle peut être si l’on suit mes principes, et particulièrement la transsubstantiationé. » Pressé de s'expliquer davantage, Descartesle fit d’une facon peu satisfaisante et il s’ensuivit d'interminables discussions”.
1. Lettre de Descartes au P. Et. Noël, Œuvres de Descartes, publiée par Adam et Tannery, t. I, p. 382. — Cf. Schimberg, L'éducation morale dans les collèges de la Compagnie de Jésus, p. 491.
2. Lettres de Descartes à Mersenne, 27 juillet 1638 (Œuvres de Descartes, t. IT, p.226).
3. Lettre de Descartes au P. Vatier, 22 février 1638 (Zbidem), t. I, p. 558.