DIFFICULTÉS AVEC L'ARCHEVÊQUE DE ROUEN
si bien qu'après avoir repoussé toute transaction! et refusé soixante mille livres, ils n'en recurent que quatre mille. Déjà presque ruinés avant Le procès, ils l’avaient engagé dans l'espoir de s'enrichir; après l'avoir perdu, il leur fallut vendre leurs terres « pour acquitter les dettes qu’ils avaient contractées en subornant de faux témoins et en sollicitant d’interminables enquêtes * ».
‘10. À Rouen, ce furent des difficultés d’un autre ordre : elles vinrent de l’archevêque dont nous connaissons déjà le gallicanisme intransigeant. Le différend entre François de Harlay et les Jésuites de son diocèse paraissait assoupi après la lettre déférente que lui avait écrite le P. Général en 1639, quand il se réveilla, plus vif que jamais, dès l’année suivante, menacant sinon l'existence au moins la prospérité du collège.
Le prélat s'était avisé de publier un mandement où il disait que « Ceux qui manqueraient à la messe de paroisse trois dimanches consécutifs, sans excuse légitime, et ceux qui défendraient d’y aller, seraient excommuniés ». Le P. Beaumer, dont le zèle n'était pas toujours mesuré, parut blâmer ce passage dans un sermon prêché à l’église Saint-Ouen. M£' de Harlay vit dans cette critique publique une atteinte à son autorité. Au lieu de se plaindre aux supérieurs de Ia Compagnie, il s’adressa au roi directement, et Richelieu exigea une réparation solennelle®,.
Le P. Louis Cellot était alors recteur du collège. Selon les instruction reçues du P. Général, il essaya de calmer la colère de l’archevêque qui ne voulut rien entendre #. Le P. de Séguiran, supérieur de la maison professe, intervint sans plus de succès auprès du cardinal ministre. Il fallut se soumettre à tous les caprices de François de Harlay. « Soyez persuadés, dit-il à son chapitre, qu’en mettant Les Jésuites à la raison, je n’ai désiré que la gloire de Sa Majesté et de Son Éminence le Cardinal6. » Le chancelier Séguier, chargé de régler l'acte de réparation, écrivait le 1° septembre à Richelieu : « J'ai faict voir aux Pères Jésuites
1, Pièces diverses sur la succession de M. d’Ancier (Lugd., fundat. colleg., t. II, n. 15, 17, 18, 23).