Besson, 0p. cûl., p
3. Floquet, Æist. du Parlement de Normandie, 1. IV, p. 435-436.
4. Lettre du P. Général au P. Cellot, 15 juillet 1640 (Francia, Epist. Gen., t. VI).
54 nie du P. Général au P. de Séguiran, 8 sept. 1640 (Ibidem).
6. Fallue, Histoire. de l’église métropolitaine et du diocèse de Rouen, t. IV, p. 135.
les lettres qu'il a pleu à Votre Éminence envoyer; ils se résolvent d'obéir et ont recu ordre de leur Provincial d'exécuter ce qui avoit esté résolu. Je juge bien que le P. Beaumer n’est plus à Rouen, ainsy qu'ils en parlent; l’on fera la satisfaction par un autre. Cet affaire estoit considéré de tous les évesques qui croioïent que la dignité du caractère estoit blessée !. » Le chancelier cependant ne pensait pas que M“ de Harlay fût sans reproche, car il ajoute : «Il faut à l’advenir que M. l’archevêque de Rouen soit plus retenu et n’entreprenne pas si facilement des choses extraordinaires et inutiles. »
Un arrêt du Conseil avait ordonné que les Jésuites lui feraient des excuses et désavoueraient en chaire la conduite du P. Beaumer. En conséquence, Le P. Cellot se rendit au château de Gaillon. Devant une nombreuse assistance, ilexprima au prélat les regrets de la Compagnie et promit d’honorer Sa Grandeur avec le respect que des enfants doivent à leur père. Ce premier acte de satisfaction fut suivi d’un autre dans la chapelle du collège. Un prédicateur lut du haut de la chaire, en présence d’un des grands vicaires et du procureur général, une rétractation des paroles attribuées au P. Beaumer dans l’église Saint-Ouen*°.
François de Harlay, à la suite de cette. amende honorable, avait promis aux Jésuites de les traiter désormais en « toute douceur et faveur ». Néanmoins en 1641, après la publication du De Hierarchia du P. Cellot, qui était devenu recteur de La Flèche, et sous prétexte de maintenir parmi son clergé les hab1tudes de subordination et de respect, il résolut d'établir dans son palais, en concurrence avec la Compagnie, un collège auquel il donna le titre d'archiépiscopal. Noulant en faire une institution de premier ordre, il y appela des maîtres éminents. A l'ouverture des cours, le 24 octobre, de nombreux élèves se groupèrent autour de savants professeurs. L'un d’eux, Jacques Pierius exposait les questions de physique alors en vogue : « la densité de l’air et le vide possible dans la nature », sur lesquelles de récentes expériences avaient attiré l'attention publique. Tout porte à croire que Pascal, demeurant à Rouen avec son père et déjà passionné pour la science, assista et prit intérêt aux cours
1. Lettre de Séguier à Richelieu, 1°" sept. 1640 (Bibl. de l'Institut, coll. Godefroy, vol. XV, fol. 103). j
2. Les pièces concernant cette affaire ont été imprimées dans Concilia Rotomagensis Ecclesiae de Dom Bessin, 2° Partie; 619-620. Voir aussi Annales des Saidisans Jésuites, t. III, 674-677, note. :
de l’archevèêché! : n’y puisa-t-il point aussi, près du prélat, sa mortelle antipathie pour la Compagnie de Jésus??
La concurrence entre les deux institutions dura sept ans. En 1648, François de Harlay réconcilié avec les Jésuites ferma son collège, à condition que celui des religieux prendrait le nom d’archiépiscopal. Quelques mécontents s’adressèrent aux échevins et réclamèrent la continuation des cours de physique à l’archevêché : le conseil de ville refusa *.
11, Dans certaines villes où la Compagnie aurait pu couler des jours heureux, elle vit parfois ses maisons ou collèges réduits à une existence précaire. Ainsi en 1636 fut-elle sur le point de quitter Grenoble. « À mon arrivée ici, écrivait au P. Général le P. Jean Lhéritier, nouveau supérieur, j'ai été fort surpris que nos Pères aient eu l’idée d'établir une maison professe dans une ville si petite, à moitié hérétique, déjà incapable de pourvoir à la subsistance des religieux mendiants qui s’y étaient fixés avant nous. Telle est la pénurie des nôtres que plusieurs milliers de francs, destinés à l'achat d’une nouvelle maison, ont dû être dépensés pour des besoins urgents. Un grand nombre d'habitants nous voient utilement occupés dans la vigne du Seigneur, assister les malades, consoler les affligés dans les prisons et les hôpitaux, enseigner le catéchisme dans les villes et les bourgades, prêcher, confesser.…, ils nous approuvent, nous félicitent, mais il leur déplait et ils ont de la peine à ne pas blâmer que nous demandions chaque semaire des aumônes qui sont pour plusieurs une charge trop lourde“. »
Comme remède à cette situation, les amis des Jésuites leur conseillaient d'établir à Grenoble un collège où les catholiques enverraient leurs enfants au lieu de les entretenir à grands frais à Lyon, à Vienne, à Tournon. Ils mettaient aussi en avant les intérêts de la religion. « Si la Compagnie avait un collège à Grenoble, la plupart des calvinistes, à l'exemple de ceux de Montpellier y mettraient leurs enfants, et les soins donnés à ces derniers gagneraient les parents eux-mêmes au catholicisme®. » Le chan-
1. De Beaurepaire, Recherches sur TInstruction publique dans le diocèse de Rouen, t. Il, p.90, 91.