Fallue, op. cit., t. IV, p
P3. Gautier, Le collège de Rouen, p. tb. — De Beaurepaire, /.c. | 4. Lettre du P. Lhéritier au P. Général (Archiv. de l'Isère, H, Jésuites). Cf. Pra, Les Jésuites, à Grenoble, p. 84.
5, «Collegii Gratianopolitani institutio » (Lugdun. fundat. colleg., t. IV, n. 80). CF, Pra, op. cù., p. 87, 98.
gement de la maison professe en collège était de toutes façons une solution raisonnable; on nes’y décida qu'en 1651.
A Lyon, le tout nouveau petit collège Notre-Dame de Bon- Secours s'était trouvé jusqu'en 1634 à la charge du grand collège de la Trinité. Celui-ci avait souffert de ce chef un assez grave détriment. Les consuls, auxquels les Pères exposèrent leur détresse, ayant fait la sourde oreille, le secrétaire d'État, Sublet de Noyers les pressa de se montrer plus généreux. « Messieurs, avant que mes chers amys Les RR. PP. Jésuites ayent recours au conseil pour obtenir de vous de quoy vivre, j'ai recours à vous, messires, pour vous inviter à leur continuer les offices de pères et de fondateurs, et de ne permettre qu'il soit dit que dans Lyon, où la charité exclut la mendicité des personnes de nulle considération, l'on voye en extrême misère et dernière nécessité une si sainte, si célèbre et si utile Compagnie. La seule pensée m'en offense et donneroit atteinte à l'affection que j'ay de tout temps pour cette belle et florissante ville, si elle estoit capable d’altération, et bien que je ne semble employer icy, pour obtenir ce que je vous demande, aultre considération que celle de la justice et de la charité chrétienne et encores la croyance que j’ay que vous m'’aimez, si est que les grands services que tant de bons religieux rendent à votre ville et les advantages spirituels et temporels qu'elle en retire méritent bien que des gens sages et bien advisés, comme vous, les mettent en balance, j’adjoints à ces considérations la réputation d’une ville; j y adjoints la prière la plus ardente, que je puis en faire, avec les assurances que les ressentiments des faveurs qu’ils recevront de vous produiront en moi tous Les effets que l’on pourra désirer !. »
Les consuls de Lyon furent-ils dociles à la voix du puissant solliciteur ? Nous le croyons, sans pouvoir l’affirmer faute de preuves. Toujours est-il qu’à partir de ce moment jusqu’à l’expulsion de la Compagnie, le collège de la Trinité a toujours joui de revenus suffisants.
Tout au contraire les collèges du Puy et de Tulle furent contraints, par manque de ressources, d'interrompre leurs classes. Le 16 juillet 1633 les Jésuites du Puy avaient sommé le conseil de ville de reconstruire les bâtiments qui menacçaient ruine?.
1. Lettre de M. de Noyers aux consuls de Lyon, 31 mai 1637 (Archiv. du Rhône, D, 2, n. 34). CF. Clerc, De l'Instruction publique à Lyon, p. 92. 2. Requête des Jésuites aux consuls du Puy, 16 juillet 1633 (Archiv. de la Haute- Loire, D, non inventoriée).
N’étant pas écoutés, ils mirent eux-mêmes la main à l'œuvre en 163%, et pour cela empruntèrent de fortes sommes, sauf à réclamer le remboursement par la ville. Les consuls consentirent le 3 novembre à payer trente-deux mille cent cinquante livres! ; mais ils ne purent faire honneur à leur engagement, pas même pour solder la pension ordinaire des professeurs. En conséquence la rentrée des classes n'eut pas lieu Le 18 octobre 1639. Les consuls voulurent contraindre les Pères, par voie de procédure, à les ouvrir le 24°. À leur sommation le P. Recteur, Ignace Arnoux, fit répondre que la Compagnie de son côté n’avait jamais manqué aux obligations du contrat et que si la ville en avait fait autant « il ne seroit pas dû, comme il est, au syndieq dudit collège la somme de quatre mil sept cents livres ? ». Cependant il se déclara prêt à recommencer les études avec tous les exercices ordinaires dès que les consuls auraient payé les pensions de l’année précédente, échues au 1° juillet, et le premier quartier de la présente année. Après délibération prise dans la maison consulaire, le syndic de la ville menaça les Pères de se pourvoir devant le conseil du roi pour faire casser le contrat de fondation, et d'appeler d’autres régents. Il s’étonnait, disait-il, que le collège, auquel étaient unis quatre prieurés de la valeur globale de quatre mille livres, eût encore besoin d’une pension. Ces prieurés, fut-il répondu, « n’ont rien de commun avec ladite pension, et d'autre part le revenu en est si petit que, après avoir payé les charges courantes et ordinaires, iln'y a pas mil livres de rente“ ». On finit par en venir à une transaction, etles consuls contractèrent un emprunt pour payer leurs dettes.
A Tulle également les officiers municipaux ne s’acquittaient de leurs obligations qu'avec la plus grande difficulté; ils en arrivèrent à Lie en retard plusieurs termes de la pension. Les religieux, tant qu'ils purent se suffire avec d’autres ressources, acceptèrent toutes Les combinaisons qui pouvaient soulager leurs débiteurs. Mais quand la pension se trouva tout à fait suspendue, ils durent actionner la ville en justice pour régler l’arriéré et assurer l'avenir. L'affaire vint en 1638 devant le Parlement de Bordeaux. Le 13 novembre, la cour ordonna que les habitants
1. Transaction avec la ville, 3 novembre 1634 (Archiv. de de Haute-Loire, D). Cf. Charvet, Etienne Mar tellange, Der21e
2. Plainte du syndic de la ville réclamant l'ouverture des es 24 octobre 1639 (Archiv.-de la Haute-Loire, D).