‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 174 sur 375 · Tablettes du Velay, p · texte numérisé non relu

Tablettes du Velay, p

seraient convoqués pour délibérer sur le moyen d'assurer par un fonds certain la somme de deux mille cent livres due annuellement au collège! ; à défaut de paiement les classes seraient fermées*. Les consuls, gênés par d’autres dépenses imprévues, eurent en vain recours à des emprunts, ils ne parvinrent pas même à payer l’arriéré. Les Pères, dit M. Clément-Simon, avaient montré « une patience fort méritoire ?»; mais cette longanimité ne pouvait toujours durer. Les classes suspendues à la rentrée de 1639, cessèrent complètement en 1640,

De grands personnages intervinrent pour empêcher la ruine complète. À la prière de M. de Fremyn, intendant de la généralité de Limoges, le roi accorda de lever sur l'élection un impôt de sept mille cinq cents livres pour être employées à la dotation du collège“. Le duc de Ventadour fit plusieurs voyages à Tulle et exhorta les plus notables habitants à s'entendre « pour trouver quelque fonds par contribution volontaire ou autrement ». Les Jésuites consentirent à rouvrir les classes à certaines conditions qui furent soumises le 12 mars à une assemblée générale. Celle-ci, d’une voix unanime, résolut de ne point laisser tomber le collège’. Les maire et consuls, chargés d'y pourvoir, signèrent avec les Jésuites, le 26 mars 1640, un nouveau contrat, par lequel ils affectèrent un fonds spécial au paiement de la pension convenue, et s’obligèrent à la servir exactement, dussent-ils pour cela. engager les revenus de la villes.

Un collège était toujours plus facile à sauver de la ruine qu’une maison professe. Celle de Bordeaux ne dut son maintien qu à la générosité de Louis XIV. Après une fondation laborieuse?, elle se trouvait en 1631 dans une situation très critiques. Un compte rendu de son état financier à cette époque accuse un passif de vingt-six mille six cents livres°. Comme on ne vivait que

1. D'après le contrat la pension était de 2.500 livres, mais elle avait été plus tard diminuée de 400 par suite de l'union de la cure de St-Pardoux.

2. Lettres du P. Général. au P. Jacquinot, 9 juillet 1639; au P. Doamlup, 15 sept. 1639 (Aquitan. Epist. Gen., t. Il).

8. Clément-Simon, Histoire du collège de Tulle, p. 72-73. — Fage, Le vieux Tulle,

Le collège, p. 21.

5. Attestation concernant l'impôt de 7.500 livres accordées par le roi en 1639

(Archives de M. Clément-Simon, original).

5. Procès-verbal de l’Assemblée du 12 mars 1640 (Archiv: comm., GG, 80).

6. Contrat du 26 mars 1640 (1bidem, BB, livre noir, fol. 94 v et suiv.). Cf. Clément-Simon, op. cil., pièces justif.. n. IX, p. 291.

Page 1