Comptes rendus, p. 51, note
en Bas-Poitou ». « Dit et dépose que lundi et mardi dernyers, le Recteur de l’Université de ceste ville, vint, assisté de plusieurs Personnes, à lui incongnues, dedans le collège des Pères Jésuystes, estant en classes: ledict recteur avec sa troupe incongnue entra de viollence dans la classe de troisiesme, ou il (déposant) faict ses études, frappant le P. Préfet, et vit jetter le régent hors de sa chesre par Le frère du recteur à ce qu'il a ouy dire, appelant ledit régent chaudronnier et plusieurs insollences, et mettant en désordre tous les escholliers de ladite classe; qui est tout ce qu'il dict savoir, et s’est soubsigné luy sommé de ce faire, Jehan Benoist!. »
Afin de tout pacifier, l’Université convoqua pour le 1% mai une assemblée particulière où furent mandés ceux dont Michel Amassard prétendait avoir à se plaindre. Le P. Jacques Goutoulas, préfet des études, y assista en qualité de docteur. Après avoir entendu les deux parties, l'assemblée universitaire rendit un décret portant « que le Recteur n'avoit qu'usé de son droit en faisant la visite du collège de Sainte-Marthe, que pour mieux établir ce droit, il se transporteroit le lendemain audit collège, précédé des bedeaux et d’un docteur de chaque Faculté », et qu'il ferait lire dans chaque classe les articles de l'ordonnance de Blois qui établissait le droit des Universités. Le P. Goutoulas promit, au nom de ses confrères, de se conformer à cette décision, de recevoir le Recteur à la porte du collège et de se désister du procès intenté par devant le lieutenant criminél.
Le décret du 12 mai fut exécuté le lendemain. Le procès-verbal de la visite rapporte que le Recteur, après avoir fait lire en première classe les articles soixante-dix et soixante-quinze de l’Ordonnance de Blois, avait interrogé le professeur sur le dernier devoir dicté, et qu'il s'était montré satisfait de ses réponses ?. Mais, observe le Véritable narré, le P. Recteur du collège n'eut Jamais permis au P. Préfet de signer ce décret, si on lui eût déclaré qu’il contenait des articles contraires à l'acte d’agrégation comme d'interroger et examiner publiquement un régent en sa classe devant ses écoliers, ce dont l’Ordonnance de Blois, si souvent alléguée, ne dit pas un mot. « Cela fut néantmoins attenté et faict dans la première classe en l'absence et au deçeu
1. Information contre le recteur de l'Université (Archiv. de la Vienne, D, 24). CF.
Delfour, op. cil., pièces justificatives, n. 5. Il ne faut pas s'étonner de cet âge de 23 ans: à cette époque, à côté d'enfants très précoces, il y avait des jeunes gens qui commencaient tard leurs études pour entrer dans les ordres ou pour d’autres motifs.