‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 180 sur 375 · Comptes rendus, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, p

du P. Recteur, qui se trouva très indigné et injusté quand il le sceut. Néantmoins, la chose estant faicte, voulut prendre patience pour n’altérer la paix, scachant d’ailleurs que ce décret avoit esté faict en Assemblée particulière et n’avoit point de suite, s’il n'estoit confirmé en la généralle en laquelle il espéroit qu'on le corrigeroit..; autrement qu'il protesteroit de nullité. »

Sur ces entrefaites, Michel Amassard, Recteur depuis six mois, fut confirmé dans sa charge pour le trimestre de juillet. Beaucoup s'étonnèrent qu'un homme cause de tant de tumultes « fust nommé chef d'une si sage et si célèbre compaignie pour la troisiesme fois ». Dès le commencement du mois il résolut de faire une nouvelle visite au collège de Sainte-Marthe. Les Jésuites persuadés quil ne cherchait qu'à les molester, formèrent opposition par acte du # juillet, et le procureur du roi fit défense à l'Université de procéder à cette visite. Le même jour, le lieutenant criminel de Poitiers, sur la requête du P. Antonin Forest, syndic du collège, signifia au Recteur « de ne rien attenter ou entreprendre par voie de fait ni autrement, jusqu’à ce qu'il en fût ordonné par Sa Majesté ou par le Parlement! ». Nonobstant l'opposition formée par les Jésuites et les défenses faites par le procureur du roi, l'Université décréta dans une assemblée du 5 juillet « que pour obéir aux Ordonnances du royaume, le Recteur feroit dès le lendemain la visite non seulement du collège de Sainte-Marthe, mais de celui du Puygarreau et de celui de Saint-Pierre, vulgairement dit des Deux-Frères* ». Dans le procès-verbal de la visite, le Recteur constata que personne n’était à la porte du collège des Jésuites pour le recevoir, et qu'il ne trouva pas de professeurs dans les classes mais seulement des écoliers.

L'Université, informée de ce qui venait de se passer, ordonna au Recteur de faire une seconde visite et enjoignit aux professeurs et régents de rester dans leurs classes. Ce nouveau décret fut signifié le 9 juillet au P. Goutoulas, préfet des études; mais derechef le P. Forest, en qualité de syndic, forma opposition : « Au nom de tout le collège, il protestait de nullité et d'attentat du susdit décret et de tous autres ci-devant faits concernant cette affaire. et que sauf l’honneur qu'il voulait toujours rendre à l'Université, il prenait, comme il avait ci-devant pris, à partie, en son propre et privé nom, Révérend M. Michel Amassard, à

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