Comptes rendus, p
présent continué pour la seconde fois (sic), attendu ses excès et violences dont il troublait le collège depuis deux mois; et que jusqu’à ce qu'il ait plu à Messieurs du Conseil régler les différends, il ne le reconnaitrait point, et que si lundi prochain les Régents demeuraient en classe de trois à quatre heures, ce serait pour continuer le service que le collège rend au public, et non pour reconnaître le sieur Amassard à présent Recteur. » Le lendemain, 10 juillet, le décret fut de nouveau signifié aux Jésuites: mais le P: Forest répondit qu'il persistait dans son opposition !. Malgré cette résistance, le Recteur accompagné d’un docteur de chaque Faculté, se transporta le 11 juillet au collège Sainte- Marthe. Ils trouvèrent la porte fermée et au dehors le P. Forest qui refusa de l'ouvrir, disant qu'il avait pris à partie M. Michel Amassard. En vain lui objecta-t-on que la prise à partie du sieur Amassard comme homme privé, ne pouvait dispenser les Jésuites d’obéir au Recteur, le Père ne voulut rien entendre et la porte resta close. Les députés de l'Université dressérent acte de tout ce qui s'était passé, puis se retirèrent. Le même jour, l’Université assemblée au collège de Puygarreau, et non au lieu ordinaire de ses réunions, rendit un décret privant le P. Goutoulas ainsi que tous ses successeurs des privilèges attachés au titre de docteur ès arts et déclarant le collège Sainte-Marthe retranché de l’Université : sauf toutefois le bon plaisir du roi Très Chrétien, du Conseil privé et du Parlement de Paris.
Tandis que ce décret était signifié au P. Goutoulas par le secrétaire de l’Université, le Recteur Amassard recevait de M. de Villemontée, intendant de la justice en Poitou, un commandement portant défense de mettre à exécution la sentence rendue contre le préfet et le collège de Sainte-Marthe, et ordre à lui de venir rendre compte de sa conduite. M. de Parabère, gouverneur de la province, s'interposa pour ménager un accommodement qui fut accepté des Jésuites. Mais l'Université ne voulut pas se soumettre; elle nomma des députés pour inviter M. l’Intendant à ne pas s'opposer à l'exécution des décrets et appela de ses ordonnances à la cour du Parlement. Les Jésuites, de leur côté, présentèrent la cause au Conseil du roi où elle fut jugée l’année suivante®.
Le P. Général, dans une lettre au P. Arnaud Bohyre, provincial d'Aquitaine, avait blâmé les concessions faites par le Préfet des