‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 189 sur 375 · Jourdain, op. ctl., p · texte numérisé non relu

Jourdain, op. ctl., p

pour y loger les jeunes religieux qui viendraient étudier à Paris: mais il était devenu inutile depuis la grande réforme de la Congrégation de Saint-Maur. Les Bénédictins consentirent donc à le céder pour la somme de quatre-vingt mille livres, et les Jésuites en prirent possession par arrêt du Conseil du 22 juin 16412. Ce ne fut pas sans l'agrément de Richelieu qui joignait à tous ses autres titres celui d’abbé de Marmoutiers ; il avait même contribué pour trente mille livres à cet achat3.

Aussi reçut-il froidement les plaintes du Recteur et les députés de l’Alma Mater auxquels il « répéta ce qu'il avait si souvent exprimé, c’est que l’Université avait trop de collèges et que leur nombre devait être réduit à six, à choisir entreles plus florissants! ». Loin d'abandonner ses prétentions, le Recteur, Louis Gorin de Saint-Amour, engagea devant le Parlement une instance judiclaire contre la vente faite à la Compagnie de Jésus. L'affaire, presque aussitôt évoquée au Conseil, fut tranchée Le 28 avril 1643 par un arrêt qui confirma les Jésuites dans la possession du collège de Marmoutiers. Ils y placèrent d’abord une imprimerie dont la nécessité s’imposait, attendu que le Recteur de l’Université avait défendu aux libraires placés sous sa juridiction de leur vendre des livres classiques 5.

1. Entre temps couvait toujours sous la cendre, et se réveillait parfois, une vieille querelle qui n’avait pas encore recu de solution.

On se rappelle qu’en 1618, lors du rétablissement du collège de Clermont 6, les Facultés de Théologie et des Arts avaient voulu interdire aux élèves des Jésuites l’accès des grades académiques, mais que cette prétention avait été repoussée par un arrêt du Conseil. L'Université n’en persista pas moins à frapper d’exclusion les étudiants qui avaient fréquenté les cours de la Compagnie. Bien plus, par un décret du 13 novembre 1626, la Faculté des Arts menaça de la perte de leurs privilèges les maîtres de pensions et les principaux des petits collèges qui enverraient leurs élèves aux Jésuites 7. 11 est vrai, ce règlement draconien ne tarda pas à

1. Vente du coll. de Marmoutiers aux Jésuites (Archiv. nat., MM. 387, fol. 89).

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