Response... (Paris, MDCXLIIL), p
du collège de Clermont et leurs escholiers se fussent adressez à quelque puissance estrangère el hors du royaume! 0 qu'ils auroient esté heureux et comme ils auroïent triomphé Bon Dieu, que n'auroient-ils point dit et fait contre La Société? Peut-on douter qu'ils n’eussent aussi-tost trouvé de bons advocats, “tirez sur le modèle de Pasquier, La Martillière et autres, qui auroient déclamé contre tout l'Ordre et demandé leur bannissement hors de la France et qu'on leur fit le procès comme eriminels de lèse-majesté? Et ceux mesme qui font maintenant les chiens couchans aux pieds du Pape... qui doute qu'en tels cas, pour mordre les Jésuites, ils n’abayassent! contre le Saint-Siège et ne flattassent les puissances temporelles contre lesquelles maintenant ils abayent? Certainement ils n’oublieroient pas le vers du Satyrique qu'ils ont si bien employé l’an 162% en leur bel advertissement au Roy :
Et spes et ratio studiorum in Caesare tantum. »
Le P. de La Haye prenait ensuite l'offensive en évoquant con-
tre l'Université des souvenirs accusateurs, entre autres Sa constante opposition aux bulles des Pontifes romains et sa participation à l’inique condamnation de Jeanne d'Arc. Les docteurs de Sorbonne « ne se sont-ils pas accordez tous et bandez unanimement contre le Pape Alexandre IV, s'opposant aux bulles qu'il avoit donné aux religieux de saint Dominique pour les unir à leur corps ? et ce jusques à contraindre le S. Père de les excommunier? Nos’ histoires ne disent-elles pas que, du règne de Charles Vi et de Charles VII, ils se mesloient de toutes choses, non seulement du gouvernement de l’Estat, mais aussi de celuy de l'Église; qu’ils tenoient teste aux Papes, qu'ils osoient bien les censurer et condamner et vouloient entreprendre de les déposer et démettre de leurs sièges? N'ont-ils pas condamné les bulles de déux Souverains Pontifes Paul IL et Jules IL, en condamnant l'Institut et l'Ordre des Jésuites étably et confirmé par ces bulles....? N'ont-ils pas conspiré contre la Pucelle d'Orléans, envoyée de Dieu miraculeusement pour le salut du royaume très chrestien ? Et dans une assemblée générale des Mathurins, fait lettres au Roy d'Angleterre Henri VI pour le supplier avec toutes les instances possibles de la faire punir? Ce que ce Roy en ses lettres patentes dit avoir accordé bien volontiers 4 sa trés saincte et très chère fille l'Université de Paris, voulant dévole-
i. De abayer forme primitive d'aboyer.
ment obéir aux exhortations des Docteurs et Maistres de sadite trés saincte et très chère fille. Ne l'ont-ils pas condamnée ceste saincte vierge, après de longues consultations, et déclarée sorcière, invoquant les diables, idolâtre, schismatique et hérétique? Et les juges qui lui firent ensuite son procez, ne disent-ils pas dans ceste inique et cruelle sentence portée contre son innocence, son honneur et sa vie, qu'ils en ont usé ainsi, ayans égard et respect aux délibérations des Maistres des Facultez de théologie et décret en l’Université de Paris, voire et de tout le corps d’icelle université!. »
L'auteur de la Response à l'Apologie concluait que l’Université, aveuglée par la haine, sacrifiait ses véritables intérêts en repoussant des auxiliaires qui ne demandaient qu'à vivre en paix avec elle. « D'où vient, disait-il à l’avocat des universitaires, que vous
‘combattez si opiniastrement les escholiers des Jésuites, et pourquoy avez-vous tant d'horreur de les recevoir aux degrez comme les autres qui estudient dans l’Université? Vos professeurs travailleroient avec beaucoup plus d’ardeur, voyant qu'il n’y auroit plus que la doctrine, la réputation et les véritables mérites qui leur pourroient donner des auditeurs. Et pour finir par le sentiment de ce judicieux Romain que vous allégués, souvenezvous que son advis esfoit non seulement de ne pas ruiner Carthage, mais mesme de la laisser en sa splendeur, et qu'il ne vouloit point que les Romains eussent d’autres avantages sur elle, sinon ceux que le courage et la vertu leur donneroïent?. »
Hermant répliqua dans une Seconde Apologie pour l'Université de Paris qui fut imprimée par mandement du Recteur et répandue avec profusion comme la première. On y répondit par la
Chimère des Vérités académiques, dont l’auteur anonyme eut le tort de faire dégénérer la lutte en attaques personnelles 3. Louis de Saint-Amour, toujours sur le qui-vive, ne cherchaït plus qu'à se venger. Au mois d'août 1643, tombèrent entre ses mains deux cahiers d'élèves écrits sous la dictée du professeur de cas de conscience . Il y découvrit plusieurs propositions qui, mal interprétées et isolées de tout commentaire, lui permirent d’incriminer l’enseignement du collège de Clermont, d’abord devant le tribunal de l’Université. Celle-ci, après examen de l'affaire, résolut de