Avenel, Lettres du cardinal de Richelieu, t. VI, p
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les enfants instruisent les grands, les villages disputent les uns contre les autres, les bergers durant la semaine font la leçon aux autres: tous les soirs on leur enseignoit des cantiques spirituels, et le Pater, Ave, etc., en françois. On a tiré un grand fruit des veillées d’hiver où six hérétiques ont reconnu leurs erreurs... Le plus grand bien de tous ces travaux est connu à Dieu seul, puisque les Pères qui tiennent sa place n’en scavent que ce qui leur est dit au confessionnal. Nous ne doutons point que ceux qui ont inventé ces courses, et Son Éminence qui fournit aux fraizs, ne trouvent le ciel ouvert par cent mille portes, puisqu'ils en ouvrent autant, toutes les années, à autant d’âmes qui estoient desja sur le seuil de l’enfer!. »
En 1642 le cardinal de La Rochefoucauld, ancien évêque de Clermont, voulant donner à ce diocèse une marque particulière de bienveillance, ne trouva rien de mieux que de lui procurer l'avantage de fréquentes missions; à cette fin il donna aux collèges de Mauriac et de Montferrand la somme de quatorze mille quatre cents livres à départir entre eux au gré du P. Provincial?.
Aux fondations que nous venons d'indiquer il faut ajouter, pour être complet, les nouvelles missions commencées par les Pères de Béziers à Adge et par ceux de Chambéry dans le Valais, en 1631; par les Pères de Grenoble à Chabeuil et par ceux du collège de la Trinité à Trévoux, en 1632: par les Pères d’Aubenas à Privas, et par ceux de Montpellier à Lunel, en 1635; par les Pères de la maison professe de Toulouse à Vabres, et par ceux de Poitiers à Fontevrault et à Loudun, en 1636; par les Pères de Chambéry à La Roche, en 1638 ; par les Pères d’Aubenas à Viviers, en 1639; par les Pères de Chambéry dans le diocèse de Genève, en 1642, etc.
7. Parmi les infatigables ouvriers occupés à l’apostolat des missions intérieures, quelques-uns méritent d’être nommés dans cette histoire.
Le P. Bertrand Parra évangélisa surtout le diocèse de Rodez. À la nouvelle de sa mort, arrivée à Saint-Affrique en 1639, le chapitre de la cathédrale et le conseil de ville envoyèrent des
1. Relation d’un missionnaire (Lugd. Historia, t. 1639-1699, n, 9).
2. Donation du cardinal de La Rochefoucauld, 1642 (Bibl. de Ste-Geneviève, ms. 3238, fol. 277-278, 285-290). Cf. Comptes rendus au Parlement, t. VI, p. 409- 410, e
députés réclamer le corps de l’homme de Dieu qu'ils avaient en vénération!. Le P. Jean Broquin, habile controversiste, parcourut le diocèse de Viviers, livrant à l’hérésie une guerre incessante et infligeant aux ministres calvinistes de redoutables défaites ?. Le P. Pierre Dagonel avait fait vœu de se consacrer au service des pauvres. Dans les villes et dans les campagnes il s'employait à toutes les œuvres de miséricorde. Dijon surtout et Nancy furent le théâtre de ses exploits : on l’y voyait à l'approche des fêtes, aller sur les grandes routes à la rencontre des mendiants ; il les : abordaiït par de charitables paroles, gagnait vite leur confiance, entendait leurs confessions et les remettait en grâce avec Dieu?. Ce fut en 1632 que le célèbre P. Jean-Francois Régis entra dans la carrière apostoliquef. Fontcouverte son pays natal entendit ses premières prédications. Après avoir évangélisé Montpellier, Sommières et les campagnes avoisinantes, il vint en 1633 dans le diocèse de Viviers, appelé par l'évêque, et, de bourgade en bourgade, il parcourut ces contrées dévastées par les guerres civiles et l’hérésie. Le Vivarais renouvelé, il passa vers la fin de 163% dans Le Velay où Les populations s’ébranlèrent et se convertirent à sa voix. L’apostolat en pays chrétien ne suffisant pas à son zèle, il ambitionnait d'évangéliser les peuplades du Canada. Deux fois (en décembre 1634 et en novembre 1635) il supplia le P. Général d’exaucer ses vœux. La Providence ne le permit point. Dans sa propre nation, par le prestige de sa sainteté et les nombreux prodiges qui donnaient à sa parole une autorité surnaturelle, François Régis fut un merveilleux instrument de salut. Il y avait à peine huit ans qu'il se consumait à la conquête des âmes, quand ses forces trahirent son courage. Il succomba le 31 décembre 1640. Mais, comme sa mort, son tombeau sera glorieux; les peuples du Velay et du Vivaraïs y accourront en foule; Dieu y multipliera les miraclès; bientôt La Louvesc sera connu de toute la France, et le convertisseur d’autrefois, inscrit au eata-
1. Litterae annuae 1639 (Aquitaniae Historia, n. 49). Cf. Ménologe de l’Assisi. de France, t. I, p. 417.