Ménologe de l’Assistance de France, t. I, p
8. Lettre du P. Filleau au P. Général, 23 août 1643 (Francia, Bpist. ad Gen., t. I).
Pendant que les Jésuites en grand nombre se livraient à l’apostolat des missions, plusieurs faisaient fonctions d'aumôniers auprès des troupes qui combattaient sur toutes les frontières du royaume. Ceux-ci suivaient les armées en campagne; ceux-là restaient dans les camps ou les hôpitaux pour le soulagement des malades et des blessés; d’autres encore naviguaient avec les escadres de la Méditerranée ou de l'Océan !. Le P. Général ne cessa d'encourager un si fructueux ministère, Le roi, le cardinal ministre, le duc de Bellegarde, le cardinal de La Valette, l'archevêque de Bordeaux témoignèrent à plusieurs reprises leur satisfaction pour les services rendus aux soldats et aux marins par les disciples de saint Ignace.
8. Un emploi tout spécial fut aussi confié en ce temps-là par Louis XIII et Richelieu aux Pères de la Compagnie de Jésus. Nous voulons parler des exorcismes de Loudun. Quelques mots d’abord sur les faits extraordinaires qui rendirent à jamais célèbre la petite ville du Poitou.
Le curé de la paroisse Saint-Pierre, Urbain Grandier, dénoncé pour le scandale de ses mœurs à l'autorité ecclésiastique, avait été condamné par l’évêque de Poitiers le 22 octobre 1629 à jeûner au pain et à l'eau tous les vendredis pendant trois mois, et interdit des fonctions sacrées dans le diocèse pendant cinq ans, dans la ville de Loudun pour toujours. Il en appela au tribunal du métropolitain de Bordeaux qui leva l’interdit?. En 1632, l'’aumônier des Ursulines étant venu à mourir, Urbain Grandier intrigua, si l’on en croit Le Mercure François, pour obtenir la direction de la communauté : ses menées n’aboutirent point, et, à quelque temps de là, le bruit se répandit que les religieuses étaient possédées du démon*. Le premier exorcisme public eut lieu le 11 octobre en présence du bailli du Loudunois, du lieutenant civil, de plusieurs médecins et d’un grand concours de peuple. Le démon, par l'organe de la supérieure, Mère Jeanne des Anges, accusa le curé de Samt- Pierre d'être l’auteur de la possession {.
1. Litterae annuae provinciae Tolosanae 1630-1645 ; — provinciae Companiae 1635- 1639; — provinciae Aquitaniae, 1635 ; — provinciae Franciae, 1639.