OUVRAGES D'ÉRUDITION
Urbain VIIT et le cardinal Barberini insistèrent de telle sorte qu’il ne crut pas devoir résister plus longtemps à leurs sollicitations,
Sur ces entrefaites le bruit de son élévation au cardinalat se répandit. « Le bon Père qui avait autant de simplicité que d’érudition, fut si effrayé d'apprendre que le Pape voulait le faire cardinal, qu’il en tomba malade très dangereusement. » Ses amis touchés de l’état où ils le voyaient réduit recoururent à l'influence du roi. Louis XIII s’empressa d'intervenir auprès d’Urbain VIII et même d’interposer son autorité. « Il ne vouloit pas, déclara-t-il, qu'un homme qui faisoit tant d'honneur à son royaume, en fût tiré?. » Dès Lors tout le monde s’inclina. « Quant au voyage du P. Petau, écrivit le. P. Général au P. Binet, il n'y faut plus penser; le cardinal Barberini ne peut manquer de se ranger à l’avis du roi très chrétien #. » Cette nouvelle produisit plus d'effet que tous les remèdes des médecins, et le malade guérit rapidement.
Il devait encore publier bon nombre d'ouvrages. Rappelons, en quelques mots, ceux qui parurent avant la mort de Louis XII. C’est, en 1638, un poème latin sur la Naissance du Dauphin, qui lui valut les félicitations du P. Général#; en 1639 un livre sur le Pouvotr de consacrer et de sacrifier, où il prouve contre Grotius que ce pouvoir ne peut appartenir aux laïques; en 1641 des Dissertations ecclésiastiques contre Saumaise, où celui-ci « est rudement traité », mais dont Grotius fit un bel éloge’. En 1648, pour répondre à un opuscule de Saumaise sur les évêques et les prétres, Denis Petau publia un traité très étendu de la Hiérarchie ecclésiastique ; chef-d'œuvre de science solide et claire, c'était comme le prélude des Dogmes théologiques auxquels l’auteur travaillait depuis longtemps.
Marchant sur les traces des PP. Sirmond et Petau, maitres incontestés, plusieurs autres écrivains se distinguaient déjà, qui acquerront dans la suite une juste célébrité. En 1643, le P. Philippe Labbe, le premier éditeur de la grande collection des Conciles, n'était encore connu que par des travaux secondaires6. Le P. Théophile Raynaud, doué d’une mémoire prodigieuse, touchait d’une plume acerbe à tous les sujets; mais on
; Du même au même, 15 août 1638 (Zbidem).
. Niceron, p. 135-136.
: Lettre du P. Général au P. Binet, 9 mars 1639 (Franciae, Epist. Gen.,t. VI). 4. Leltre du P. Général au P. Petau, 4 janvier 1639 (Ibidem). 5. Niceron, p. 140. — Cf. Sommervogel, op. cil., t. VI, col. 605, n. 38, 39; col. 606, n. 40.