Sommervogel, t. IV, col. 1295-1296, n
lui reprochait de manquer de critique et de défigurer son style par l'emploi d'expressions de basse latinité f. Le P. Pierre Bullioud achevait son Lugdunum sacro-profanum ou histoire littéraire de Lyon, qui ne paraîtra qu’en 1647°. Le P. Pierre Poussines, le futur continuateur du P. Sacchini, était fort versé dans les langues savantes: il publia en 1637 les traductions de Nicétas et du sophiste Polémon, et en 1639 les œuvres inédites de saïnt Nil qui commencèrent sa réputation. IL aura plus tard l'honneur de collaborer à la collection de la Byzantineÿ.
12. La théologie était dignement représentée par les PP. Cellot, Bauny, Rabardeau dont nous avons déjà parlé, et par les PP. Louis Le Mairat et Claude Tiphaine. Le P. Le Mairat, professeur remarquable « par la solidité de sa science et la clarté de ses lecons# », publia, en 1633, trois volumes in-folio de Commentaires sur la Somme de Saint Thomas. C'était le fruit d’un brillant enseignement de vingt-quatre années à Pont-à-Mousson et à La Flèche. La réelle valeur de cet ouvrage ne le mit pas à l’abri d’injustes attaques, et le cardinal de La Rochefoucauld prit en main la défense de l’auteur. « Je peux et doiïbs dire en vérité, écrivait-il au cardinal de Bagni, qu'il est religieux de très grande réputation pour la doctrine et la piété, que son œuvre à esté. receu avec universelle satisfaction des personnes qui aiment la religion catholique, qui-n y ont rien remarqué que:très:sincère. La part que ledit Père a voulu que j'y eusse par l'adresse qu’il. m'en a faite, doit tirer de moy ce tesmoignage en: faveur de la vérité”. » Après un sérieux examen on reconnut que les Commentatires ne méritaient que des éloges. La passion seule avait pu trouver à redire sur « des points libres à un chaseun ».
Le P. Claude Tiphaine avait enseigné plusieurs années la philosophie et la théologie à Pont-à-Mousson, avec un suceès de bon aloi. Il fit paraître en 163% sa Défense scolastique de la doctrine des Saints Pères sur les mystères de la Trinité et de l’Incarnation, et en 1640 son Traité De ordine ou explication des plus célèbres questions discutées en philosophie et en théologief., IL s'était
1. Journal des Savants, 1667, p. 79. — Hurter, Nomenclator literarius, t. I, p. 748, 754.
* Sommervogel, t. II, col. 372, n. 2.
.. Eloge historique du P. Poussines: (Mémoires de T Trévoux), 1750, p. 2536.
* Abram, Hist.de l'Université de Pont-à-Mousson, p. 441.
5. Lettre du cardinal de La Rochefoucauld au card. de Bagni (Bibl. Sainte- ban viève, ms. 3238, fol. 326).