Dom Calmet, op. cit., t. II, p
2. Bulle d'excommunication de Charles 1V, 23 avril 1642 (Bibl. nat., fonds Dupuy, vol. 586, f. 213-216). Cf. Le Mercure françois, t. XXIV, ann. 1642, p. 549.
3. Appel du duc Charles IV de l’excommunication publiée contre lui (Bibl. nat., fonds Dupuy, vol. 586, f. 217). |
4. D'Haussonville, op. cüt., t. IL, p. 144, 145. — Digot, op. cit., p. 306-307.
5. Dom Calmet, HI, p. 485. — Digot, 0p. Cil., t. V, p. 316. Quand Charles 1V fut devenu veuf de Nicole, Béatrix de Cusance, malade à l'extrémité, le supplia de l'épouser afin de pouvoir mourir femme légitime (Digot, V, p. 369).
une sauvegarde suffisante, il avait espéré que les menaces du premier supérieur de la Compagnie ne seraient pas poussées à l’extrême. En quoi il se trompait. Le P. Vitelleschi et le Saint- Siège, ayant épuisé les moyens de persuasion et d'intimidation pour faire cesser un scandale public, eurent recours aux voies de rigueur. Cheminot fut excommunié. Mais qui oserait affronter la colère de Charles IV en signifiant à son confesseur l'acte pontifical? Aucun officier public n'y consentirait. Un jésuite de Worms, le P. Toccius Gérard, fut chargé de cette mission, et le 2 mai 1643 il pouvait annoncer au P. Général qu'elle avait été dûment remplie. « Le 27 avril, lui écrit-il, je reçus de notre R. P. Provincial avis d’intimer l’excommunication au P. Didier Cheminot, d'après les ordres de Votre Paternité. Je fus dans la stupeur. Je pensais aussi à la fureur du duc et de la princesse de Cantecroix. Je me suis cependant reproché ma lâcheté et je me suis dit : mieux vaut qu'un seul périsse que l'honneur de toute la Compagnie, au grand scandale des âmes. Le Père étant venu un instant au collège le 28 avril, je l'ai appelé dans ma chambre. Il ne pensait plus à l'exécution des menaces tant de fois réitérées. Je lui ai lu clairement et distinctement en présence de deux des Nôtres la formule de son excommunication : il l'a entendue jusqu’au bout, puis il est sorti du collège, triste et abattu. » ; Retranché du sein de l'Église, devenu pour ses frères et les fidèles un objet de répulsion, le P. Cheminot rentra en luimême ; il comprit ses illusions et sa faute. Le 1% septembre 1643, il fit sa soumission en manifestant Le plus sincère repentir et se mit à la disposition du P. Général. Malgré Île mal qu'il avait causé à la Compagnie et les outrages qu'il avait attirés sur elle, le P. Vitelleschi lui accorda son pardon, comme l'avait fait la Congrégation du Saint-Office. « Vous vous rendrez le plus tôt possible, lui écrivit-il le 24 octobre, à la maison professe de Gênes, que vous avez désignée vous-même, eten passant à Trente vous recevrez du P. Recteur, à qui j'en ai donné le pouvoir, l'absolution des censures. Que le Bon Jésus vous accompagne et vous accorde la persévérance dans la voie où vous êtes
- entré, à la grande consolation de tous?. » À Gênes l'enfant
1. Lettre du P. Toccius Gérard au P. Vitelleschi, 2 mai 1643, citée par Crétineau-Joly, t. III, p. 370.
. Lettre de Vitelleschi à Cheminot, 24 octobre 1643 (Rhen. Sup., EKpist. Gen., t. 1621-1645).
prodigue recevait, de son P. Général, de nouveaux encouragements. « Que Dieu soit béni qui vous arrache à la tempête pour vous conduire au port! Il ne vous reste plus qu’à être fidèle aux inspirations divines, à votre bon propos, et à compenser par le zèle de votre perfection, selon l'esprit de notre Institut, les erreurs de votre vie passée!. » Le P. Cheminot se montra docile à ces conseils, il s’abandonna désormais aux douceurs de la vie d’obéissance, et mourut à Pont-à-Mousson le 6 février 1664.