‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 230 sur 375 · Voir tome IV, chap. xx, n. 3, p · texte numérisé non relu

Voir tome IV, chap. xx, n. 3, p

4, Patentes du P. Général, 15 août 1635 (Variae facultates).

5. Lettre du P. Le Jeune au P. Général, 1° août 1635 (Hist. miss. Canad:, 1611- 1659, n. 12).

6. Du même au même, 8 août 1636, 23 août 1637 (Ibidem, n. 14, 17).

grammaticales et littéraires jusqu’à la rhétorique inclusivement. Enfin, sur le désir de M” de Laval, on ouvrit des cours de philosophie, de théologie et de morale.

L'ouverture de ce collège, l'éducation chrétienne qu’on y donnait, engagea plusieurs familles honorables de la Normandie à passer au Canada. Il fallut bientôt songer à bâtir. On avait d'abord choïsi comme emplacement un terrain situé sur la rivière Saint-Charles; mais ce projet fut abandonné. En 1637 le P. Le Jeune construisit le collège près du fort Saint-Louis, sur uu terrain de douze arpents (quatre hectares ou environ), concédé aux Jésuites par la Compagnie des Cent-Associés « pour reconnaitre les services que les dits Pères rendaient au pays, aux Français et aux sauvages? ». C'était le premier établissement scolaire ouvert en Amérique; celui de Haward, près de Boston, ne fut commencé qu’en 1638.

L.-Samuel Champlain vivait encore lorsque le P. Le Jeune inaugura, en 1635, le collège de Québec, mais il n'eut pas la consolation d'en voir les heureux développements. Frappé d’apoplexie au mois d'octobre, il put cependant se remettre assez pour se préparer à la mort qui le menacait : il l’accepta sans crainte, en homme de foi. Assisté du P. Charles Lalemant son ami et son directeur, il rendit tranquillement son âme à Dieu le jour de Noël, à l’âge de soixante-huit ans ?. Ses funérailles furent comme un deuil public. Missionnaires, officiers, soldats. commerçants ef colons, tous accompagnèrent son corps à Notre- Dame-de-Recouvrance, où le P. Lalemant officia et le P. Le Jeune prononça l'oraison funèbre. « Champlain, dit un historien du Canada, mourut aimé et respecté de tous ceux qui l'avaient connu... Les mémoires de l’époque s'accordent à lui reconnaître les qualités nécessaires à un fondateur de colonie : constance, fermeté, courage, désintéressement, honneur, loyauté, amour véritable de la patrie, et par-dessus tout une foi vive et pratique qui le portait à regarder le salut d’une âme plus précieux que la conquête d’un royaume #. »

Aussitôt après le service funèbre, le P. Le Jeune lut publiquement les lettres que la Compagnie des Associés lui avait remises en prévision des accidents qui pouvaient survenir. Marc-

. De Rochemonteix, op. cüt., t. I, p. 208, 211.

. Rapport officiel de 1824.

Page 1