‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 231 sur 375 · Ferland, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Ferland, op. cit., t. I, p

Antoine Brasdefer de Chasteaufort était désigné pour administrer par intérim la colonie. Il resta en fonctions un peu plus de cinq mois, c'est-à-dire jusqu'à la venue de M. de Montmagny nommé par le roi au‘poste de gouverneur.

Charles Huault de Montmagny, chevalier de l’ordre de Saint- Jean de Jérusalem, joignait à de remarquables qualités civiles et militaires les plus hautes vertus chrétiennes; il était digne de succéder à Champlain. Arrivé en vue de Québec le 11 juin 1636, il débarqua au milieu de la population accourue à sa rencontre. Son premier acte parut à tous d’un favorable augure. Comme il gravissait à pied le sentier qui conduisait au fort, il vint à passer devant une croix élevée sur Le bord du chemin : aussitôt il s'agenouilla pieusement et fit une prière. Après le Te Deum, chanté à l’église en signe de joie et de reconnaissance, 1l reçut les clés du fort Saint-Louis des mains du gouverneur intérimaire. Quelques jours plus tard, dans une cérémonie religieuse, il proclamait solennellement saint Joseph patron du Canada*. Sous l'autorité d’un catholique aussi fervent les missionnaires pourraient travailler en toute liberté et avec fruit à l’évangélisation des sauvages.

5. Les vastes territoires boisés compris entre le Mississipi, l'Océan atlantique et la baie d'Hudson, étaient occupés par deux races principales : la race Algonquine et la race Huronne-lroquoise, ayant toutes deux un langage différent, sans compter les dialectes propres à chaque tribu. Elles se distinguaient aussi par leurs habitudes. Les Hurons et les Iroquois vivaient sédentaires : les premiers réunis en bourgades au nord des grands lacs, les seconds formant au sud du Saint-Laurent une confédération de cinq nations. Les Algonquins, au contraire, n’avaient pas de demeure fixe; ils subsistaient du produit de la chasse et de la pêche, et comprenaient plusieurs tribus dont les plus connues étaient avec les peuplades des environs de Québec, les Montagnais sur le Saguenay et le lac Saint-Jean, et les Outaouais sur la rivière qui porte leur nom.

La première condition pour évangéliser sédentaires ou nomades était de connaitre leur langue. Grâce aux lecons d’un Algonquin nommé Pierre, converti par les Récollets, le P. Le Jeune était parvenu dès 1632 à se faire comprendre des petits Indiens, aux=

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