Relations... 1641, Chap. 11, passim
5. Jouvancy, Hist. Soc. Jesu ms., P. VI, 1. XIII, n. 44. — Faillon,1, 304.
devint à peu près général en 1635, à l’occasion d’un vœu, de simple dévotion, que les Pères firent prononcer dans leurs résidences et que l’on renouvelait chaque année le 8 décembre. Tous promettaient de communier et de dire le chapelet chaque mois en l'honneur de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge, comme aussi de jeüner la veille de cette fête, pour obtenir par les mérites de la Mère de Dieu là conservation du pays et la conversion des sauvages?. Les réductions de Sillery et des Trois-Rivières et la mission de Tadoussac devinrent alors des centres d’apostolat. On vit des nouveaux convertis se faire eux-mêmes les messagers de la bonne nouvelle. « C’est merveille de voir la ferveur de nos bons néophytes, écrit la Mère Marie de l’Incarnation. Ils ne se contentent pas de croire en Jésus-Chrit, mais le zèle les emporte de telle manière qu'ils ne sont pas contents et pensent ne croire qu’à demi si tous ne croient pas comme eux... Les hommes ne sont pas seuls embrasés de ce zèle; une femme chétienne a passé exprès dans une nation très éloignée pour y catéchiser ceux qui y habitent; en quoi elle a si bien réussi qu’elle les à tous amenés ici [à Québec] où ils ont été baptisés.…. On à vu à Tadoussac cette année des merveilles, un grand nombre de sauvages, avancés de plus de vingt journées dans les terres, y étant venus pour se faire instruire et ensuite pour se faire baptiser. Ce sont les fruits de nos chrétiens sédentaires, car ils vont exprès de côté et d'autre pour gagner des âmes à Jésus-Christ“. » Les prévisions du P. Le Jeune se trouvaient ainsi réalisées.
1. Le Supérieur des Jésuites avait formé un autre projet qui réussit moins bien. Il s'agissait d'établir à Québec, à côté du collège destiné aux enfants de familles françaises, un séminaire où pensionnat de petits sauvages : ils y seraient élevés dans les principes de la foiet, devenus grands, ils pourraient en rentrant chez eux porter à leurs compatriotes la semence de la religion. L'idée en soi était excellente, et ce séminaire fut installé à Notre-Damedes-Anges. On résolut d'y admettre les enfants sans distinction de tribus, pourvu qu’ils eussent les aptitudes nécessaires. Le P. de Brébeuf qui se trouvait alors chez les Hurons, parvint à force d’instances et de promesses, à décider plusieurs chefs de famille.