Relations.…, 1633, p
2. Lettre de M de Combalet au P. Le Jeune, 1636 (De Bonneau-Avenant, Za duchesse d’Aiguillon, p. 231).
parant à la mort, à prier Dieu pour ledit Seigneur et ladite Dame. On dira chaque jour une messe à la même intention, afin qu'il y ait jusqu’à la fin du monde des créatures qui remereient Dieu des grâces infinies qu’il leur a faites !. »
Vers la même époque, une autre veuve, M"° de La Peltrie, née Madeleine de Chauvigny, fut choisie par la Providence pour établir dans le nouveau monde l’œuvre de l'instruction des jeunes filles. Un jour qu’elle était en oraison et suppliait Notre- Seigneur de lui manifester sa volonté, elle entendit distinctement ces paroles du divin Maître : « Ma volonté est que tu ailles en Canada travailler au salut des filles sauvages; c'est en cette manière que je veux être servi et recevoir des preuves de ta fidélité; en retour je te ferai de grandes grâces dans ce pays barbare*?. » M" de La Peltrie fit vœu, avec la permission de son directeur, de se rendre au Canada et de s’y consacrer à l’instruction des Indiennes. D’Alencon, lieu ordinaire de sa résidence, elle se rendit en 1638 à Paris pour y consulter le P. de Condren, général de l'Oratoire, et Vincent de Paul, supérieur des prêtres de Saint-Lazare. Tous les deux l’exhortèrent vivement à poursuivre son dessein, l’assurant qu'il venait de Dieu. Le P. Antoine Poncet de La Rivière se trouvait alors au noviciat des Jésuites, préparant son prochain départ pour l'Amérique. M®° de La Peltrie vint lui faire part de sa résolution et lui demander à quelles religieuses elle devait confier l’éducation des filles sauvages : « A la Mère Marie de l'Incarnalion et aux religieuses de son Ordre », lui répondit le Père sans hésiter; et il se chargea de la mettre en relations avec la supérieure des Ursulines de Tours*.
La Mère Marie de l’'Incarnation avait été avertie par une vision céleste du rôle qui lui était réservé. « Je vis, dit-elle, un grand et vaste pays qu’en un moment je considérai tout entier et qui me parut plein de montagnes, de vallées et de brouillards, au milieu desquels j’entrevis une petite maison qui était l’église de ce pays-là, quasi enfoncée dans les ténèbres, de sorte qu’on ne voyait que le faite. Les obscurités qui remplissaient ce pauvre pays étaient affreuses et paraissaient inaccessibles?. » Sans com-