Jouvancy, Hist. Soc. Jésu, ms. P. VI, 1. XIIE, n
5. Lettre du P. Chaumonot au P. Général, 7 août 1639 (Carayon, op. cil., doc. 12. p. 193-194).
‘tête, accourut au rivage pendant que grondait le canon du fort Saint-Louis. C'était toujours un bonheur de voir les arrivants de la mère patrie : on les accueillit cette fois avec des transports de joie. Tous, à la suite de M, de Montmagny, se dirigèrent vers la la chapelle de Notre-Dame-de-Recouvrance où l’on chanta le Te Deum d'actions de grâces. Puis Hospitalières et Ursulines se séparèrent pour gagner leurs demeures provisoires. Sans plus tarder elles se préparèrent à devenir, selon leurs règles respectives, servantes des malades ou institutrices des sauvages : chaque jour elles recevaient du P..Le Jeune des lecons de grammaire algonquine.
Plus tard d’autres Hospitalières viendront encore s'établir au Canada : celles de La Flèche, instituées, nous l’avons dit, par M. Le Royer de La Dauversière. Leur fondateur, pour le moment, contribuait par une heureuse initiative à l’évangélisation de la Nouvelle France.
9. Elevé par les Jésuites du collège Henri-IV de La Flèche, devenu plus tard receveur des tailles, puis échevin de la même ville, Jérôme Le Royer de La Dauversière, père d’une nombreuse famille, était un homme d’une éminente piété, favorisé même,
disent ses historiens, de grâces extraordinaires!. Ayant conçu la pensée de fonder dans l'ile de Montréal une colonie consacrée à la Sainte Vierge, et n’en ayant pas par lui-même tous les moyens, il parla de ses projets à un religieux du collège, le P. François Chauveau, directeur de la Congrégation des externes. De ce jésuite il reçut, d'abord un précieux auxiliaire dans la personne d’un homme de bien, Pierre Février, baron de Fancamp; puis un bon conseil, celui d'aller à Paris où il trouverait, mieux qu'ailleurs, associés et argent?. En effet venu dans la capitale, Jérôme de La Dauversière y rencontra M. Olier qui, dès la première ouverture, lui répondit : « Monsieur, je suis de la partie; je sais votre dessein. » Le futur fondateur de Saint-Sulpice fit plus encore : 1l invita plusieurs de ses amis, entre autres le baron de Renty, à prendre part à cette bonne œuvre. Et aussitôt se forma le noyau de l'Association nommée depuis Société de Notre-Dame de Montréal. :
Cependant plusieurs obstacles s’opposaient encore à la réali-
1. Cf. Couanier de Launay, Hist. des Hospilalières de Saint-Joseph. — Vie de M Mance. — Saint-Jure, Vie de M. de Renty.