‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 238 sur 375 · Faillon, op. cit., L. 1, p. 383 et suiv · texte numérisé non relu

Faillon, op. cit., L. 1, p. 383 et suiv

sation de l’entreprise. Le propriétaire de l'ile, Jean de Lauson, intendant du Dauphiné, ne voulait pas céder ses droits; on n'avait point non plus d'homme capable d'administrer cette terre inculte où tout était à créer. Or il le fallait bon organisateur et bon capitaine, afin de pouvoir à la fois diriger la nouvelle eolonie et la défendre contre les Iroquoïs. M. de La Dauversière avait échoué dans une première tentative pour l'acquisition de l'ile de Montréal, lorsqu'il apprit que le P. Charles Lalemant, ami de M. de Lauson, exerçait à Paris la charge de procureur des missions du Canada. Sur sa demande, le Père consentit à l'accompagner à Vienne en Dauphiné, afin d'y négocier une affaire si avantageuse à la religion. Cette démarche fut couronnée de succès. Au mois d'août 4640, M. de Lauson, jusqu'alors intraitable, signa un contrat par lequel il cédait à MM. de La Dauversière et de Fancamp l’île deMontréal « aux mêmes conditions qu'il l'avait lui-même obtenuef ».

Restait à trouver un chef. La Providence y pourvut. Un gentilhomme champenois, qui avait fait ses preuves dans la guerre de Hollande, vint un jour frapper à la cellule du P. Lalemant et lui dit qu’à la lecture des Relations du P. Le Jeune il avait senti le désir de se rendre utile à l’Église et à la France parmi les peuplades du Canada. C'était Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fervent catholique et homme de guerre possédant de beaux états de service. Mis par les Jésuites en relations avec M. de La Dauversière, il le gagna vite par ses belles qualités et son admirable dévouement. « Je n'ai, dit-il, aucune vue d'intérêt. Je puis par mon revenu de deux mille livres de rente me suffire à moimême, et jemploierai de grand cœur ma bourse et ma vie dans cette nouvelle entreprise, sans ambitionner d'autre honneur que d'yservir Dieu et le Roy dans ma profession. » La Société de Montréal avait rencontré l’homine qu’elle cherchait. En vertu de pouvoirs reçus de Louis XIII, elle nomma M. de Maisonneuve gouverneur de la future colonie*.

Au printemps de 1641, La Dauversière, Fancamp et Maisonneuve se rendirent à La Rochelle où l'on préparait un départ pour le Canada. Ils y trouvèrent toute une équipe de colons vigoureux et aussi un secours inattendu : celui d’une femme vertueuse et intelligente, que Notre-Seigneur avait disposée par des voies

1. Ferland, op. cüt., t.}, p. 310. — Faillon, op. cit., t. I, p. 394. — De Rochemonteix, op. cit., p. 311-312.

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