Les Ursulines de Québec, t. I, p
5. Parkman, Les Jésuites dans l'Amérique du Nord, p. 74. 6. B. Sulte, Histoire des Canadiens Français, t. IIT, p. 28.
Dieu!. » Lorsqu'il rentra en France en 1629, c’est à peine si durant deux années entières il était parvenu à baptiser quelques enfants à l’article de la mort?.
De retour au Canada en 1633, le P. de Brébeuf n'avait qu'un désir : l’établissement d’une mission huronne. Le gouverneur, de son côté (c'était alors Champlain) souhaitait vivement le succès d’une entreprise dont il apercevait les avantages du triple point de vue politique, commercial et religieux. De ce poste avancé il serait possible de pénétrer au centre de l’Amérique septentrionale; de plus, il importait de s'attacher une nation nombreuse, puissante et capable, si elle était soutenue, de lutter contre les Iroquois, les seuls entre les sauvages qui fussent ennemis de la nation française *. Mais comment lui faire accepter des missionnaires?
Les Hurons, durant l’occupation anglaise, n'avaient pas quitté leur pays; ils descendirent de nouveau à Québec, quand ils apprirent le retour des Français. A la fin de juillet 1633, cent cinquante canots chargés de pelleteries et portant einq ou six cents hommes arrivèrent devant l'habitation ‘. Le P. de Brébeuf s'empressa d'entrer en relations avec eux; ce lui fut aisé, car plusieurs se rappelaient avec plaisir celui qu'ils avaient surnommé Echom, mon neveu, mon cousin. L'occasion était bonne de leur demander s'ils verraient volontiers les Jésuites revenir au milieu d'eux. L'idée leur sourit; chacun même se disputait l'honneur d’avoir Echom dans son village. Alors le gouverneur, se croyant assuré de leur assentiment, réunit les chefs, leur promit l'amitié de la France et son concours contre leurs ennemis; puis leur présentant les PP. de Brébeuf, Daniel et Davost : « Ces religieux, dit-il, désirent vous suivre dans votre pays, et pour vous témoigner leur affection ils veulent vivre au milieu de vous. Ce sont nos Pères; nous les aimons plus que nos enfants et plus que nous-mêmes. Ils jouissent en France d’une grande considération. Ce n’est ni la faim ni le besoin qui Les amènent dans ces contrées; ils ne recherchent pas vos terres ni vos fourrures. Ils veulent vous enseigner le chemin qui conduit au maître de la vie. Voilà pourquoi ils ont quitté patrie, biens et famille. Si vous aimez les Français comme vous dites, aimez ces Pères, honorez-