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les. » — « Oui, ajouta le P. de Brébeuf, nous voulons aller dans votre pays, pour y vivre et y mourir. Vous serez nos frères, et dorénavant nous ferons partie de votre nation‘. » Ils ne firent aucune objection et l'on crut la chose entendue. Mais on avait compté sans les intrigues intéressées d’un capitaine Algonquin. . Trompés par lui, les Hurons, au moment du départ, déclarèrent qu'ils ne pouvaient emmener avec eux les missionnaires. En vain le gouverneur, renouvelant ses promesses, employa tous les. moyens de persuasion ; les sauvages s’embarquèrent seuls tout en mêlant à leurs adieux mille protestations affectueuses 2.
Une année s'écoula pendant laquelle les missionnaires s’adonnèrent avec ardeur à l'étude de la langue, persuadés qu’un jour la Providence comblerait leurs vœux. Au printemps de 1634, les Hurons reparurent, mais moins nombreux : une peste avait décimé la population. Peu s’en fallut que le départ des Pères fût encore différé malgré les sollicitations pressantes de Du Plessis- Bochard. Volontiers les sauvages auraient accepté dans leurs canots quelques Français bien armés, précieux auxiliaires pour la chasse ou la guerre; mais ils ne voulaient pas se charger des robes noires qu'ils regardaient maintenant comme inutiles, funestes même à leurs intérèts 3, Après bien des résistances, ils consentirent à prendre les missionnaires : les PP. de Brébeuf, Daniel et Davost s'embarquèrent avec quelques dévoués serviteurs.
Rudes et périlleux furent les débuts, de leur apostolat : « Je n'ai jamais vu, écrivait le P. de Brébeuf, une entreprise qui ait été aussi contrariée, sans doute par l’artifice du démon; mais le grand saint Joseph, à qui j’adressai un vœu, nous à fait vaincre aisément toutes les difficultés. [Pour partir] il a fallu donner aux sauvages neuf présents de plus et diminuer nos bagages, de manière à n'emporter que ce qui était absolument indispensable pour le saint sacrifice de la messe et pour vivre en chemin... » Le voyage fut une suite de fatigues inouïes. « 11 nous a fallu ramer du matin jusqu’au soir, autant que les sauvages euxmêmes, et sans avoir d'autre moment pour réciter le bréviaire que la nuit, à la lueur d’un brasier, Dans les portages, c’est-àdire quand il y avait des chutes d’eau, nous devions transporter