Bressani, op. cil., p. 105. — Ferland, op. cit., p
lisait dans un post-seriptum : « Jay laissé en la résidence Saint- Joseph les Pères Pierre Pijart et Isaac Jogues dans les mêmes sentiments !. » | C'était la coutume chez les Huron, pour ceux qui allaient mourir, de réunir dans un festin d'adieu leurs parents et leurs amis. Le P. de Brébeuf résolut de se soumettre à cet usage, afin de prouver que l'apôtre ne craint pas la mort. Les sauvages se rendirent en foule au banquet des Jésuites. Au milieu du repas, Jean de Brébeuf se leva et développa son thème accoutumé : les perfections de Dieu, limmortalité de l'âme, la vie future, les récompenses du ciel, et les châtiments de l'enfer. Les Hurons l’écoutèrent avec une apparente froideur, et se retirèrent sans rien manifester deleursimpressions. Toutefois, à partir de ce moment, les visages devinrent moins sombres; on fuyait moins la présence: des Pères et quelques voix se firent entendre en leur faveur. Les Jésuites attribuèrent ce changement au saint patriarche qu’ils avaient choisi pour patron de la mission. « En cette extrémité d'affaires, nostre recours fut au grand saint Joseph, faisant tous vœu de dire, neuf jours consécutifs, la messe en son honneur, lesquelles nous commençcämes le jour des saints Simon et Jude (28 octobre). Tant y à que depuis le 6 de novembre que nous
achevaämes nos messes votives, nous avons jouy d'un repos incroyable*?. »
La tempête s'éloignaït, mais l'horizon restait menaçant. En fait jusqu’en 1640, la persécution fut intermittente. Jamais elle n'arréta l'héroique phalange des missionnaires; dans leurs nombreuses relations pas une ligne qui fasse soupçonner chez un seul d’entre eux un instant de faiblesse
5. Dépuis longtemps le P. de Brébeuf suppliait le P. Général de le décharger dû fardeau de la supériorité. Il fut exaucé en 1638, après l’arrivée de trois nouveaux religieux, les PP. Simon Le Moyne, Francois du Péron et Jérome Lalemant. A ce dernier Vitelleschi confia la charge de supérieur.
Frère de Charles Lalemant, un des premiers apôtres du Canada, Jérôme avait professé la philosophie et les sciences, fait fonctions de principal des pensionnaires au collège de Clermont à
1. Lettre du P. de Brébeuf au P. Le Jeune, 96 oct. 1637 (Relations…, 1638, p.43).