‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 250 sur 375 · Parkman, op. Côt., p · texte numérisé non relu

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4, Lettre du P. Général au P. J. Lalemant, 6 février 1638 (Francia, Epist. Gen.,

CANADA. — MISSION HURONKE. 325

Paris, et gouverné celui de Blois. Depuis qu'il avait quitté le monde une seule ambition était entrée dans son cœur, celle de se sacrifier à la conversion des sauvages. Au surplus rien ne lui manquait pour y réussir. Un bon juge a témoigné de sa vertu : « C’est Le plus saint homme que j'ai connu depuis que je suis au monde... Je n'exagère rien », écrit la Mère Marie de l’Incarnation!. Les dons de nature ajoutaient un surcroit de force à sa sainteté. Belle intelligence, esprit d'initiative et d'organisation, caractère ardent et même impétueux dont la grâce parvint à réprimer les saillies, bon sens, courage et persévérance, Jérôme Lalemant possédait toutes les qualités d’un conducteur d'hommes. L'amour de Dieu et des âmes en fit un apôtre. Comme supérieur, dès ses premiers actes, il donna sa mesure.

Jusque-là les Jésuites avaient adopté pour l’évangélisation du pays le système des résidences fixes. Deux existaient déjà et ils se proposaient d'en établir d’autres dans les plus gros bourgs. Ce plan offrait sans doute des avantages pour les débuts, mais le P. Lalemant jugea qu’il était temps d'y renoncer. Le nombre des chrétiens croissant, le théâtre des travaux apostoliques va s’agrandir. S'il faut alors multiplier lespetites résidences, comment garder l'unité d'action et de direction, comment subvenir aux frais de ces divers établissements? Il lui parut bien préférable de créer üne résidence centrale d’où les missionnaires rayonneraient dans le pays, où ils viendraiént se reposer de temps en temps?. Pour ne pas s’exposer à changer cette demeure tous les dix ou douze ans, à la manière des sauvages, on choisirait, non une de leurs bourgades, mais un terrain inoccupé, dans une région favorable et productive *.

Ainsi fut fait. On trouva l'emplacement désiré, presque au cœur du pays, à peu de distance des grands lacs. Le lieu était d'accès facile ; la terre, baignée par les eaux d’une petite rivière nommée la Wye, produisait le maïs en abondance. C’est là que le P. Supérieur jettera les fondements de la nouvelle résidence qui prendra le nom de Sainte-Marie“. À trente mètres de la rivière, on construisit un vaste bâtiment en forme de parallélogramme, protégé par des fossés, des murailles et des bastions. L'enceinte comprenait la maison des missionnaires, la chapelle, le logement des

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