‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 25 sur 375 · Mémoires du P. René Rapin, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du P. René Rapin, t. I, p

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attend que toutes ces faveurs soient emploiées contre un second ennemi de sa religion, d'autant plus pernicieux que l’hérésie, que cettuy-ci se maintient dans l’Église et, soubs faux titre de domestique, il y prend part ès affaires pour enseigner, ès charges pour exercer les choses saintes, ès dignités pour en ordonner; tout y semble en commun, fors l'unité, sans laquelle il n’y a ny Église, ny religion, ny salut. [Détruire le schisme] ce sera l’œuvre complet de votre généreuse dévotion, non moins glorieux en son exéqution que la protestation en fut sainte en la bouche et au cœur du Roy prophète contre tous adversaires de la gloire de Dieu : Je les poursuivray [disait David] et les arresteray el ne cesseray point que je les aye réduits &'néanti. »

Il était difficile de signaler plus énergiquement à la vindicte royale les faux docteurs et les faux pasteurs, coupables de semer la division dans le bercail de Jésus-Christ. Mais existaient-ils vraiment? Les craintes du cardinal n’étaient-elles pas exagérées? D'après une étude inédite sur Richer, conservée à la Bibliothèque nationale, elles auraient été sans aucun fondement et il serait aisé de disculper les Richéristes des intentions schismatiques qu’on leur imputait?. À cette assertion gratuite nous opposerons un mémoire envoyé à Rome au P. Vitelleschi, où il est montré clairement, par des faits, que le schisme aurait éclaté à l’improviste si les autorités compétentes n'avaient pris des mesures pour l’étouffer. L'auteur de ce mémoire est resté inconnu; mais nous avons de sérieux motifs d'y reconnaitre la plume du P. Etienne Binet. |

« Il est certain, disait-il, qu’un schisme se prépare, comme on peut le constater par la conduite d’un grand nombre de docteurs et de prélats. Déjà quelques évêques, pour montrer qu'ils ne doivent rien au Pape, se contentent dans leurs mandements de. se déclarer évêques par la grâce de Dieu sans ajouter et du Siège apostolique. Ils détestent non seulement tous les réguliers et en particulier la Compagnie, maïs aussi les autres évêques qu’ils croient trop attachés au Pape. Ils attaquent nos privilèges, parce qu'ils voudraient que nous les tenions d’eux et non du Saint-Père, se considérant tout puissants dans leurs diocèses respectifs comme le Pape l’est dans l’Église universelle. Si nous consentions à dépendre de leur juridiction, ils nous accorderaient, disent-ils,

1. Lettre du cardinal de La Rochefoucauld au roi, 29 mars 1632 (Bib. Sainte-Geneviève, ms 3238, f. 331).

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