‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 3)Chapitre 251 sur 375 · Relalions, 1640, p. 64. — Creuxius, op. cit., p · texte numérisé non relu

Relalions, 1640, p. 64. — Creuxius, op. cit., p

domestiques et deux maisons de retraite. Au dehors s’étendaient des champs cultivés, entourés de fortifications en bois. Richelieu qui avait approuvé l'établissement, voulut contribuer de ses. deniers aux ouvrages de défense et à l'entretien d’une garnison!. Les travaux furent menés rapidement : dès l'été de 1639 on put abandonner la résidence de la Conception, et au printemps suivant celle de Saint-Joseph. Plusieurs familles de convertis attirées par les secours spirituels et matériels, qu'elles attendaient des Jésuites, vinrent se fixer autour de Sainte-Marie ?.

Parmi les colons venus de France on comptait, outre les Jésuites, les soldats et les domestiques, une catégorie spéciale de serviteurs qui portaient le nom de donnés. On les appelait ainsi parce que, sans recevoir de salaire, ils se donnarent pour la vie au service de la mission. Celle-ci, de son côté, s’engageait à pourvoir à tous leurs besoins pour le reste de leurs jours. Cette institution, capable de suppléer à la pénurie des frères coadjuteurs, avait été approuvée par le P. Binet, provincial de France ; mais, à Rome, elle fat très critiquée ; on y vit une sorte de tiersordre, une innovation contraire aux usages de la Compagnie. « Je me doute bien, écrivait le P. Charles Lalemant au P. Charlet, que notre Révérend Père [Général] n’approuvera pas la formule [de réception des donnés] qu’ils ont envoyée des Hurons..…, mais je prie bien fort, s’il la rejette, qu'il en fasse dresser une autre telle qu'il jugera expédient, donnant tout ce qu'il pourra en faveur de ceux qui se donnent si librement au service de nos missionnaires, exposant leur vie aussi bien qu'eux pour le salut des sauvages?. » Malgré ces instances, Le P. Vitelleschi, par une lettre du 25 janvier 1643, prescrivit la dissolution des donnés déjà admis et défendit d’en recevoir d’autres. Mais à la suite d’une nouvelle organisation proposée par le P. Jérôme Lalemant, laquelle ne comportait ni émission de vœux ni port du costume religieux, le P. Général répondit le 25 décembre 1644 : « Cette institution n’a rien de contraire à nos règles. Gardez donc vos donnés dans ces conditions; mais n’en recevez pas trop, de peur que votre mission n'ait de la peine à les entretenir?. » Leur

1. Lettre du P. J. Lalemant à Richelieu (De Rochemonteix, op. cil., t. I, pièces justificatives, n. LV).

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